Mikhaïl Ignatiev (RUS/Katusha, 2e de l'étape, combatif du jour) : «Je suis content de recevoir ce prix mais je suis déçu de ne pas avoir gagné l'étape. Je n'arrive pas à me contenter de la
deuxième place. Le vent nous a aidés dans l'échappée.»
Jean René Bernaudeau (Directeur BBox Bouygues Telecom): «Il n'est pas comme tout le monde, Thomas ! Il est fort, très sain, très pro. Il a gagné brillamment, intelligemment. Et il gagne le
jour de mes 53 ans. Quand il avait pris le maillot jaune en 2004, c'était déjà le jour de mon anniversaire. Ça fait du bien à toute l'équipe, ça nous enlève un peu de pression. Maintenant, on
va pouvoir savourer et continuer ce Tour comme on l'avait commencé. »
Lance Armstrong est incroyable peut-on lire sur le blog de Vidberg : Ce presque quadra est presque partout et a presque tout vu, tout lu, tout gagné ....
9 coureurs, des combinaisons intégrales, des casques profilés, des vélos tout carbone profilés et plongeants, des guidons de triathlète, des roues carbones, une gourde et une oreillette. Dans
l’oreille le directeur sportif dicte l’allure et indique les trajectoire, comme un co-pilote de rallye. Le train roule entre 40 et 75 km/h, pas de place au doute, pas d’hésitation possible. C’est à
fond ou pas du tout.
Le principe
Le contre-la-montre est une épreuve chronométrée où les équipes se mesurent au chornomètre. C'est le juge de paix qui permettra de classer les coureurs au général. Cette année (2009), le
réglement du Tour de France stipule que les temps sont pris sur le 5ème coureur de l'équipe à passer la ligne. Et les écarts entre les équipes observés au classement de l'étape sont reportés sans
barème sur le classement général.
Le mode d'emploi
Dans le schéma idéal, chaque coureur prend sa part de travail en passant des relais efficaces, propre, produisant une accélération progressive afin de conserver le bloc compact. Arrivé en haut
de la file, c'est-à-dire devant et dans le vent, le 1er coureur mène pendant un certain temps avant que coureur qui le suit dans la file ne remonte à sa hauteur pour le remplacer. Pendant ce
temp-là, celui qui vient d’assurer sa part du travail ralentit d’un ou deux km/h et se laisse doubler par les 8 coureurs de son équipe pour aller se replacer en fond de file indienne.
Les 2 schémas tactique les plus fréquents
Le premier ressemble à une file indienne, ou les coureurs descendent un par un pour aller se replacer en fond de file
Le second ressemble plutôt à une sorte d’ellipse allongée où deux petites files indiennes de 4 sont parallèles derrière un coureur qui mène (4 coureurs sont dans le sens montant, 4 sont
dans le sens descendant). C’est pratiqué souvent dans des situations où il faut raccourcir la longueur des relais et se protéger davantage du vent.
Comment doser l’effort ?
La plupart des coureurs vous diront, il faut s’adapter au coureur le moins fort de l’équipe. C’est certainement vrai pendant la majorité du parcours afin de pouvoir le conserver dans
l’effectif tant qu’il peut passer des relais. Puis lorsque les coureurs lachent et que le bloc s’étiole, restent les hommes forts qui sont capables de maintenir le rythme.
Sur le contre-la-montre de Montpellier, plusieurs fois nous avons pu voir des coureurs rester en dernière position : ils venaient de se mettre dans le rouge, avaient complètement explosé en vol,
incapables désormais de passer le moindre relais. C’est le risque de l’effort collectif. Quand un coureur devant accélère trop fort et met dans le rouge ses coéquipiers. Il en arrive parfois à
devoir se séparer d’un de ses soldats, à son insu.
Le contre la montre part équipe est un art majeur qui s’est transformé hier à l’initiative des traceurs du parcours en un mélange de patinage artistique et de cascades cross country. Dès la prise
d’antenne sur FranceTélévisions, Laurent Fignon, esthète de la spécialité, grommelait contre les incessants virages et leurs dangers afférants qui rendaient la route périlleuse à bien des
endroits.
Un nombre incalculable de chutes
Toutes les trois minutes Thierry Adam annonçait une chute : Menchov (Rabobank), Ballan (Lampre), Bonnet et Haddou (Bbox Bouygues Telecom), Van Den Brocke (Silence Lotto), etc …
Cela provient entre autre du revêtement (parfois aléatoire sur les petites routes), des dépots d’huiles et de graisses en tous genres sur la chaussée, et de l’étroitesse des
routes, qui plus est très sinueuses !
Alors hier, nous avons vu quelques coureurs partir avec des vélo de course dits « normaux » (Bruseghin de la Lampre par exemple). Chez Bbox, Voeckler commentait même en disant que l’un
des siens avait été plus agile avec le vélo normal dans les parties sinieuses. Normal bien entendu car les vélo de courses offrent une position un peu plus relevée que les vélos de
contre-la-montre.
Sur ces routes sinueuses où les freinages étaient brusques, les roues carbone ne rendaient pas la tâche facile. Aux dire de Laurent Jalabert, la précision d’un freinage sur des jantes carbones
est moindre comparée aux jantes alu.
Le cas de conscience : Attendre ou non un coureur distancé ?
La question s’est posée pour toutes les équipes pendant l’épreuve, dans 90% des cas elle était réglée dès le matin lors du briefing de l’équipe dans le bus des coureurs. La règle devait surement
être : « on n’attend pas le 9ème ni le 8ème mais ensuite on commence à regarder ». Enfin tout dépend des objectifs affichés par l’équipe, vise-t-elle le
général pour son leader ou seulement des victoires d’’étapes.
Dans le premier cas, il fallait faire le chrono « à bloc » et donc optimiser au maximum des faits de course en leur faveur : ne pas hésiter à se séparer d’un coureur qui
affaiblissait l’effort collectif, laisser aux hommes forts le dosage de l’effort et la prise de responsabilité dans des relais longs et appuyés.
Dans le second cas, il fallait plutôt viser le collectif et donc terminer au complet en roulant moins vite pour éviter que des coureurs « sautent » avant les 2/3 du parcours. Car
lorsqu’un coureur est lâché par son équipe, c’est là que cela devient dur pour lui car pour ne pas finir hors délai, il doit finir le chrono tout seul et à bloc ! … Alors qu’il s’était
relevé car il n’en pouvait plus : Paradoxal n’est-ce pas ?
Plusieurs équipes hier se sont trouvées dans cette situation. Astana avec Rast, Muraviev ou Popovytch (des coureurs à préserver dans l’optique de la protection des leaders dans les prochaines
étapes), O’Grady (Saxo Bank), etc … Cela peut être considéré comme l’impitoyable égoïsme des leaders et directeurs sportifs qui ne se soucieraient guère de leurs ouvriers … Mais en fait c’est la
compétition qui veut ça. Dans le cyclisme, il faut sacrifier les faible au bénéfice des forts. C’est la loi de la jungle.
Le carton de l’équipe Astana
C’est là qu’on voit que Lance Armstrong est un grand champion. Peu importe qu’il soit au top de sa forme ou pas, il a la classe et le métier. Son expérience des grands événements et des grands
enjeux lui a permis en 2 jours de revenir à quelques millièmes du maillot jaune. Le coup de bordure d’avant-hier, le super contre-la-montre hier.
L’équipe Astana a remporté le contre-la-montre par équipe, sans forcément le survoler ni atomiser la concurrence mais en faisant preuve d’une grande homogénéité et d’un coordination exemplaire
durant toute l’épreuve. Lance Armstrong a réellement donné de sa personne en offrant des relais très appuyés, dans sa position caractéristique avec le dos bombé, presque plié en deux.
Lance Armstrong échoue à 1 seconde du maillot. Et c’est peut être une excellente affaire pour lui et surtout pour son équipe, qui n’aura pas à rouler (pour faire le tempo) et le protéger
aujourd’hui jusqu’à Perpignan.
Accent Méditerrannéen pour cette dernière étape avant les Pyrénées. Possible que le vent joue encore son rôle dans le déroulement de l'étape. Petit clin d'oeil ... le Tour part de chez les nudistes
!!!! Pourvu que cela ne donne pas des idées aux plus caliente des coureurs !
Le commentaire de Christian Prudhomme (letour.fr)
L’étape est placée sous le signe de Salvador Dali, qui voyait en la gare de Perpignan le « centre cosmogonique de l’univers ». L’icône du surréalisme, touché par une forme de
fascination pour le spectacle cycliste, a notamment réalisé la carte postale du Tour 1959. Si son influence inspire le peloton, dans les Corbières ou le long de la mer, tous les scénarios sont
envisageables.
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