C'est mon aventure


Jeudi 8 juin 2006 4 08 /06 /Juin /2006 11:33
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : C'est mon aventure
Les coureurs de la Discovery Channel et du Team CSC ont parcouru l'étape en 1h11 à 57,31 de moyenne. Nous en 1 heure de plus !
 
En l’honneur du Professeur Francine Leca, Chef du Service de Chirurgie Cardiaque Pédiatrique de l'Hôpital Necker Enfants Malades et de son association « Mécénat Chirurgie Cardiaque », et le Tour de France accueillait « l’étape du Cœur ». Un peloton de personnalités du sport, du spectacle et des médias s’est engagé pour soutenir l’association et arpenter ensemble et en vélo les 67,5 km séparant Tour de Blois. Comme le sont le Professeur Leca ainsi que Claude Michel l’organisatrice de l’événement, l'ambiance était très conviviale.
 
Ce contre-la-montre des stars rapportera au Mécénat Chirurgie Cardiaque de quoi financer 2 opérations. Francine Leca parle également de 25 opérations permises par la vente du Petit Ourson.
 

le parcours en noir et jaune
 
 
> Les VIP engagés dans l'aventure
  • Richard Virenque (Ancien coureur, 7 maillots à pois sur le Tour pour l’anecdote)
  • Pascal Hervé (Ancien coureur, ex-coéquipier de Virenque)
  • Magali Le Floc'h (Coureuse cycliste, Championne de France 2005)
  • Thierry Lacroix (Ancien rugbyman, consultant pour FranceTélévision)
  • Guy Roux (vice-président de l'AJ Auxerre)
  • Roxana Maracineanu (Championne du Monde 200m Dos, 1998)
  • Julie Pomagalski (Snowboard, Championne du Monde boardercross 1999)
  • Arnaud Clément (Tennis)
  • Paul Belmondo (Pilote et directeur d’écurie Le Mans Series)
  • Gérard Holtz (Journaliste tv, FranceTélévisions)
  • Antoine De Caunes (Comédien, réalisateur, ex-animateur tv Canal+)
  • Olivier Rivoalen (Magasins Vélo&Oxygen)
  • Anthony Delon (Comédien)
  • Dominique Bergin (Président Look Cycle)
  • Jean Paul Naddeo (Larousse, Petit Robert)
  • Didier André (Pilote Championnat Indy)
  • Philippe Bouvet
  • Jean Pierre Danguillaume (ancien coureur, vainqueur de 7 étapes du Tour)
     
    C’était l’occasion pour certain de se remettre en selle : Guy Roux reconnaît ne pas être monté sur un vélo de course depuis 30 ans ; Olivier Rivoalen et Dominique Bergin tous les 2 très impliqués dans leurs métiers respectifs dans le vélo ont peu roulé ces derniers temps ; pour Antoine De Caunes même tarif, ses rôles au cinéma lui interdisent toute pratique sportive à risque avant et après le tournage. C’était pour d’autres l’occasion de changer de discipline le temps d’un événement : Arnaud Clément du tennis au vélo, Roxana Maracineanu de la natation au vélo (espérons que cela lui soit bénéfique à terme pour le triathlon à l’ACBB), Julie Pomagalski du snow-board au vélo (une sportive endurante et accrocheuse au vu de son courage à rester dans les roues).
     
    > 20 km pour se mettre en jambes
     
    Les 20 premiers kilomètres sont parcourus à un très léger rythme entre 27 et 30 pour ne pas lâcher Guy Roux qui découvre les bicyclettes modernes avec ses baskets sur des pédales automatiques (pas pratique !). Petit plateau, les jambes tournent tranquillement. Les discussions vont bon train. Richard Virenque anime la troupe, tout heureux de pouvoir partager son sport avec des pratiquants atypiques. Vue l’allure extrêmement réduite du groupe, la pause pipi est envisageable. Je m’attache donc à prendre 300 mètres d’avance sur le peloton en mettant la « plaque » (le grand plateau) à 45 km/h puis en revenant tout aussi vite et en me faufilant entre les voitures suiveuses. J’ai alors compris sur le terrain comment doivent manœuvrer les coureurs sur le Tour pour « revenir dans les voitures ». Zigzaguer et s’abriter.
     
    On entend Thierry Lacroix, blagueur invétéré, amuser la galerie. Ce matin, il partait le vélo sur l’épaule. Rira bien qui rira le dernier. Thierry, très élégant en cuissard (rires) suera à grosses goûtes en pratiquent un effort que son sport ne lui faisait pas endurer. Et c’est « les fesses en fleur » qu’il va rallier l’arrivée, situation qui n’a pas manqué de tous nous faire mourir de rire.
     
    Sur le bord de la route, nous entendons des clameurs nourries, applaudissements, encouragements qui font chaud au cœur. Les prénoms les plus souvent cités sont Richard (Virenque) et Gérard (Holtz). Deux personnages parmi les personnalités les plus populaires du Tour de France, appréciés du public parce qu’ils sont vrais, naturels, simples, accessibles et généreux. Cette joie des spectateurs qui nous accompagne dans l’effort doit être un considérable support pour les coureurs dans les étapes de haute montagne lorsqu’ils sont échappés ou au contraire dans le rouge. En tout cas quel bonheur pour ma part, après avoir vécu 4 fois le Tour de France dans la caravane publicitaire en entendant « allez Richard ! », « une casquette ! », « Champion ! », « Grand’Mère sait faire un bon café ! », maintenant c’est un « allez Richard ! » sur le vélo.
     
    > Les stars secouent le peloton !
     
    Après avoir été gentiment poussé par Richard Virenque – c’est bon pour la musculation de l’épaule - Guy Roux est embarqué dans le break Look. Le groupe désormais va pouvoir rouler un peu plus vite. Et les amateurs de vélo ainsi que Virenque et Hervé vont pouvoir s’amuser et lancer des attaques pour le fun ou pour le bluff. Dès le pk (point kilométrique) 20, Paul Belmondo, Antoine De Caunes, Anthony Delon, Arnaud Clément pointent leur nez en tête et lancent des banderilles. Ce sera ainsi jusqu’au pk 40. Les attaques fusent mais les relais ne sont pas aussi appuyés qu’à l’Hippodrome de Longchamp (terrain d’entraînement des amateurs à Paris). Au bout de 2-3 relais les coureurs se relèvent et c’est compréhensible : ils n’ont pas la condition. Au milieu de tout ça, vu mes 4000 km d’entraînement depuis Janvier, je me régale !
     
    Anthony Delon a des fourmis dans les jambes. A Lussault Sur Loire, il se place en tête du groupe et accélère l’allure. Les 1000 km d’entraînement qu’il a fait dans les 4 dernières semaines en prévision de cette étape du cœur lui suffisent pour suivre la cadence du peloton. (à l’arrivée à Blois, il me confiera qu’il va se mettre sérieusement au vélo). Paul Belmondo répond bientôt en emmenant dans sa roue Olivier Rivoalen, Antoine De Caunes, Gérard Holtz et moi. Nous allons faire 2 kilomètres à un rythme de 40 à 45. Puis tout ce petit monde se relève. Peu après le passage au chrono intermédiaire, C’est Pascal Hervé qui attaque. Richard Virenque saute dans sa roue et ils vont « s’abriter dans le coffre » du 4x4 Mercedes siglé Eurosport et Garage Grémeau (en évitant si possible la chute de Jan Ullrich à la veille du CLM de Fromentine). Je suis calé dans la roue de Belmondo qui est juste derrière Hervé. Virenque en 4ème position. Belmondo prend le relais puis vient mon tour. Nous sommes à 45, j’accélère progressivement à 48 puis 50 … je regarde dans le rétroviseur de mon casque (c’est pratique pour garder une position aérodynamique), Hervé s’est relevé, Virenque aussi.
     
    > Paranthèse "Physiologie"
     
    Depuis sa retraite, Virenque a cessé l'entrainement intensif et les courses. Il avoue avoir pris 10 kg. Il est passé de 63 kg, son poids de forme à 73 pour 1,79 m. Notez que 73 kg, c'est encore honorable pour tout sportif amateur qui se respecte. Seulement ces 10 kg en plus, pour les emmener dans les cols, il faut que ce soit pour partie de la masse musculaire. Pour ma part, en un an, j'ai fait le chemin inverse. J'ai commencé le vélo il y a un an (avril 2004) et très vite j'ai perdu 7 à 8 kg : pour la même taille que Richard, je suis passé de 77,5 à 70 kg. Et même 68 kg à l'arrivée de ma première cyclosportive (La Picarde, 189 km, septembre 2004). Depuis, mon poids n'a plus évolué, le cyclisme a transformé mon métabolisme en assechant les tissus, en faisant fondre les graisses.
     
    (Il se dit que lors d'une sortie d'entrainement de plus de 2 heures, le cycliste commence à consommer ce que son corps a stocké. Les gens se demandent souvent comment faut-il faire pour maigrir. Bien ma solution : Faites du vélo ! La pratique sportive du vélo est très consommatrice d'énergie. Donc de glucose. L'organise commence d'abord par consumer les glucides récemment apportés par l'alimentation puis il s'attaque à ce qu'il a stocké, glucides et lipides qu'il transforme en énergie. Si vous ne voulez pas faire du sport pour maigrir et c'est dommage car c'est vecteur de plaisir, l'équation de l'amaigrissement est simple : mangez moins que vous n'en avez besoin ! Pour un cycliste pro en activité, la question de se pose pas : ils ont besoin parfois de plus 10000 kcal dans une journée. En revanche c'est ce qui explique leur prise de poids lorsqu'ils sont à la retraite. Un homme normal n'a effet pas besoin de plus de 2500 Kcal / jour. Alors autant faire attention à ce qu'il mange s'ils arrêtent de pédaler !)
     
    Cependant, en 2005 et même en forme et par forte chaleur, je peine pour l'instant à passer sous les 69 kg. C'est signe que je suis dans une deuxième phase : après l'amincissement est venu le temps de connstruction musculaire. Les cuisses sont plus volumineuses et plus sèches, les quadriceps ont grossi, les mollets sont dessinés. Indicateur de forme : je me sens capable d'accélérer plus fort, de tourner les jambes plus vite. Je peux rouler près de 2 heures à 40 km/h de moyenne dans le peloton à l'hippodrome de Longchamp. JE suis conscient que je reste néanmoins un pur amateur à des années lumières des coureurs pro. Leur moteur n'est pas le même. (Un coureur peut rouler jusqu'à 40000 km / an entre stages, entrainement et jours de course) C'est fascinant de découvrir le pouvoir qu'on a sur son corps. Paranthèse "Physiologie" fermée.
     
    En arrêtant toute pratique intensive, les coureurs cyclistes perdent à la fois leur puissance musculaire et leur efficacité cardiaque. Le coeur a tendance à monter plus vite et pomper moins fort lorsqu'il n'est plus entrainé. Les jambes n'ont plus la même puissance. Pour n'importe quel coureur cycliste, une coupure de 2 semaines est déjà terrible pour la condition physique. Alors imaginez quand il s'agit d'un pro qui coupe définitivement. Retraité depuis la fin de saison 2004, Richard Virenque m'a confié ne plus pouvoir monter l'un de ses cols préférés (le col de Babaou) dans l'arrière pays varois comme lorsqu'il était affûté. En 1 an, il a perdu 10 km/h ! Là où il passait grand plateau à 24 km/h, maintenant, il ne passe plus qu'à 14.
     
    > Accalmies pour discussion de passionnés et confidences avec Richard Virenque
     
    Nous ralentissons fortement pour attendre la majorité du groupe. J’en profite pour discuter avec Virenque. « Il te va bien ce vélo Look Richard ! ». Il regarde alors à son tour ma position sur le vélo : me demande de tendre la jambe, la pédale le plus bas possible. Il me touche l’arrière du genou pour vérifier la flexion et la tension de ma jambe. « Tu pourrais remonter un peu la selle, et enlever une rondelle sous la potence ». Je le relance alors sur le sujet de l’ergonomie et notamment sur les grands moments de sa carrière :
  • Le CLM de St Etienne (1997) : « A cette époque, j’étais à fond sur les chronos ! ». C’est à cette époque qu’il s’était concentré sur la position ergonomique.
  • Son comportement en CLM par équipe : « - Richard, en tant que grimpeur, tu ne devais pas être à l’aise en CLM par équipe ? » « - Faux ! J’étais de ceux qui relançaient sans cesse l’allure. J’adore les contre-la-montre par équipes ! Le collectif ça me transcende !
  • Sa victoire à Morzine suite à la chute de Heras en 2000 (16ème étape Courchevel-Morzine) : « Je savais qu’il était mauvais descendeur, alors je l’ai laissé passer devant et j’ai vu qu’il allait louper le virage … » (Pour info, Virenque venait de rentrer sur Heras dans le Col de Joux-Plane et de distancer Armstrong qui subissait l'une des pires journées de ses 6 Tours victorieux, tentant de limiter les dégats sur Ullrich)
  • A propos de Paris Tours, il nous parle de la moto image avec le caméraman de la SFP qui lui donnera les écarts jusqu’à la ligne d’arrivée et l’encouragera.
  • Puis en 2003 en faisant sauter Aldag dans la 7ème étape (Lyon - Morzine): « J’ai mimé la souffrance, le coup de barre. J’ai fait celui qui avait une fringale. Aldag a alors tout donné, je me suis laissé décroché à 10m. Il s’est mis dans le rouge et je l’ai fait péter ! (Pour info : Dans l'ascension du col de la Ramaz, le plus dur de cette étape, le coureur de l’équipe Quick-Step a distancé ses compagnons malgré la résistance d'Aldag. Il était revenu sur les échappés avec Jesus Manzano de la Kelme qui s'est arrêté au bord de la mort dans l'ascension du col de Portes). Virenque avoue : "Au rythme où il montait, j'ai bien cru qu'il me ferait péter !".
     
    Enfin, à propos des voitures sportives rouges, Virenque nous confiera que Manuel Rodriguez, Manager de l’équipe Festina dans laquelle il venait de signer en 1993, lui avait promis sa Ferrari pendant 4 mois si il gagnait l’étape de montagne du jour. N’ayant plus de jambes, il n’a pas gagné mais eu quand même le droit de conduire le bolide.
     
    > Au bluff avec P.Belmondo, R.Virenque et P.Hervé ..... :-D
     
    Après quelques encablures groupés, Richard Cœur de Lion veut de nouveau amuser la galerie et dynamite comme il sait le faire le groupe en titillant les bons cyclistes. Alors qu’on le retrouve en tête du groupe, Richard Virenque, d’humeur badine, lance une attaque et regarde qui vient se frotter …. C’est Gérard Holtz qui fait l’effort et va le chercher sur la gauche de la route. Dans sa roue, malgré une bonne vitesse à 45, je vois qu’il aurait du mal à faire le fort (manque d’entraînement, donc manque de puissance), j’allais me risquer à la passer entre le muret et lui mais me suis arrêté quand, comme les sprinteurs, j’ai senti que ça se refermait devant moi. Soit. Une fois dans la roue de Virenque, je prends l’initiative et visse encore un peu. J’accélère à 50 et je vois dans mon casque que la silhouette qui me suit ne réussit pas à revenir. Ca ressemble au coup de pédale de Virenque. J’insiste quelques centaines de mètres pour lui faire mal aux jambes puis je me relève … On se prend vite au jeux sur la route du Tour avec les ovations du public ! Le Professeur Francine Leca accompagnée par Claude Michel, l’organisatrice de l’événement, suit la course dans une voiture décorée aux couleurs de l’association. Très heureuses toutes les deux de l’implication avec laquelle nous animons la sortie, elles n’hésitent pas à nous encourager.
     
    La route est plane jusqu’au pk 46. Les accélérations, si elles ont étiré notre groupe sur plusieurs centaines de mètres n’ont fait de mal à personne puisque chacun avait la possibilité de rouler à son rythme et que nous nous étions donné pour règle de nous regrouper pour les derniers kilomètres quoiqu’il arrive. Justement, c’est groupés que nous passons au dessus de la Loire vers le nord. Le passage du pont est l’occasion pour Richard de nous parler des bordures (l’enfilade de coureurs va d’un bord à l’autre de la route). En sentant un fort vent de travers nord ouest (que nous avions eu de dos jusque-là), il nous explique qu’en formant un éventail à partir du bord gauche de la route, à partir du 8ème coureur les autres sont dans le vent s’il persistent à rouler en file indienne et prendront autant de vent que celui qui mène la bordure en tête. Il faut avoir le courage d’ouvrir un autre éventail, rester à quelques mètres de la queue du premier groupe et se forcer à ne pas rentrer dedans.
     
    > Battre Richard, mon idole, au grimpeur ?
     
    A l’approche de la cote de Cabinette, Pascal Hervé lance à Richard Virenque : « Allez Richard on fait le grimpeur ! » Et Pan ! Sur la gauche de la route alors que nous roulions tous à droite, ils avaient ajouté 2 dents au moins et partaient au sprint pour passer le haut de la bosse en tête après avoir été lancé par Pascal Hervé. Sentant le bon coup, je traverse la route pour aller me frotter à Richard sur un sprint court qui m’a tout de suite fait penser à ce qu’il faisait dans le dernier kilomètre en haut des cols pour aller chercher les points. Pascal pète très vite et je me retrouve au coude à coude avec mon idole. Et … nous finissons le sprint dans le même boyau. Un champion ne lâche jamais devant l’adversité. Bravo Richard ! Et quel bonheur de pouvoir rouler avec toi !
     
    Grâce à l’accélération nous avons pris une avance non négligeable sur les autres personnalités. Le relief légèrement accidenté et les changements de direction mettent la puce à l’oreille de Richard qui nous décrit comment les coureurs passeront lors du CLM. Vent, relief, bitume … tout y passe dans les repérages visuels que font les coureurs en prévision de leur épreuve sportive. A la faveur de la bosse, une sélection de 6 coureurs se retrouvent en tête : Richard Virenque, Pascal Hervé, Paul Belmondo, Arnaud Clément, Magali Le Floc’h et moi-même. Pascal déclenche une nouvelle fois les hostilités, Richard et Paul dans sa roue. Paul prend le relais puis Richard. En redescendant dans le groupe, Pascal ne se remet pas dans les roues. Il laisse un trou que je dois boucher à plus de 43 dans un enchaînement de faux plats. Même un trou de 5 mètres peut être très dur à combler lorsque l’on prend le vent. Retraité du vélo depuis 5 ans, Pascal Hervé reconnaîtra ne pas avoir eu les jambes pour tenir.
     
    La présence étonnante et active le temps d’un relais de notre tennisman de Coupe Davis (Arnaud Clément) en aura surpris plus d’un. Magali Le Floc’h prend un relais appuyé et fait mal à tous les mecs de ce petit groupe d’échappés. Belle athlète filiforme et femme au charme certain, c’est un vrai bonheur de rouler avec la toute nouvelle championne de France 2005. Au même moment, on apprend qu’à l’arrière, plusieurs centaines de mètres, Roxana Maracineanu a fait un soleil avec son vélo en voulant prendre la main tendue par un motard suiveur. Sa gentillesse et son sourire ne seront pas altérés par cette infortune et la fatigue.
     
    Au pk 55, nous attaquons une descente dans laquelle on peut admirer les qualités naturelles de Richard Virenque. Il prend une position aérodynamique comme les skieurs. Il lâche la main gauche de son guidon et la place dans son dos, il baisse sa tête presque jusqu’à son guidon. Déconseillé à tout coureur inexpérimenté ! On voit alors des ballons de baudruche rouges en forme de cœur par centaines et une signalétique « L’étape du cœur ». Un rassemblement festif nous barre la route pour célébrer dans la joie l’événement du Mécénat Chirurgie Cardiaque et féliciter les coureurs. Nous arrivons assez vite à reprendre notre parcours. La cote Molineuf arrive.
     
    > Je mène un train d'enfer dans la cote de Molineuf
     
    Dans le numéro de juin de Vélo Magazine, Jérémy Roy (Française des Jeux) appréhende cette cote pour le CLM par équipe : « Longue de un à deux kilomètres, elle est assez dure. En fin d’étape, elle va faire mal et pourrait désorganiser quelques équipes. Elles ne finiront pas toutes au complet ! » (En effet, très peu d’équipes ont fini à neuf). Après un virage à droite un peu fermé qui ralentira bien les coureurs, on attaque une cote avec un pourcentage intéressant : de l’ordre de 5 à 7%. Je suis alors en tête d’un peloton qui s’était regroupé. Je passe les premiers hectomètres de la cote (un pied assez sec) en danseuse aux alentours de 23-24 km/h, sans forcer et en souplesse avec 2 coureurs dans la roue. En me rasseyant, sur le grand plateau (52), je monte au train et je commence à visser sans à-coup pour finir la bosse entre 28 et 30 km/h sur 600 mètres. Dans ma roue, Arnaud Clément, Magali Le Floc’h, Richard Virenque et Paul Belmondo. A ma hauteur, la voiture Francetélévisions de Marie Christelle Maury (qui tourne des images pour le Vélo Club et le Journal du Tour) conduite par Denis Schmitt (vainqueur de la Chevreuse en Yvelines 2005). Denis m’encourage comme le font les directeurs sportifs dans les cols : « Julien, j’adore te voir comme ça ! Tu leur fais mal ! Il n’n’y en a pas un seul qui peut prendre le relais ! Ils sont pendus ! » … En effet, il n’y a guère qu’Arnaud Clément (bravo à lui !) qui prend un relais sur le plat une fois le sommet de la cote passé. Richard Virenque est monté bien à l’abri dans les roues (avait-il la force de faire davantage ?). Magali Le Floc’h, bien plus en forme, ne voulait pas se faire mal à ce moment-là sinon elle nous aurait tous déposés ! Virenque, visiblement essoufflé, nous lance : « Eh les gars vous avez mangé quoi ce matin ? »
     
    Nous rallions l’arrivée plus tranquillement d’autant que nous récupérons en route Guy Roux qui se remet en selle pour finir avec nous. Et au passage de la flamme rouge, Gégé (Holtz) attaque (pour le fun) et va se coller contre les barrières à gauche, Antoine De Caunes que je suis prend sa roue, Sachant que Gérard manque d’entraînement, je me prépare à ce que De Caunes le dépasse. Gégé lance le sprint mais l’accélération est faible. De Caunes se décale vers le centre de la route alors je rajoute quelques dents et je saute De Caunes sans aucune difficulté et leur prends une bonne cinquantaine de mètres. De toute façon, pour ce sprint gentlemen, il fallait que ce soit un Holtz qui gagne !
     
    La perspective d’une compétition donne « du jus », de la gniac. Pour peu qu’il y ait du vent dans le dos, sur les portions plates, on peut friser les 45-50. Attention toutefois dans ces cas-là à ne pas dépenser trop d’énergie avant l’échéance. Je suis mes pulsations, ma dépense énergétique, ma courbe de poids. Je pars reconnaître la partie du parcours que j’ignorais (Bullion – Gambais) et finalement en tire l’enseignement qu’il ne faut absolument pas s’inquiéter de cette portion-là. A défaut de temps je n’aurais pas reconnu une portion qui se révèlera plus ardue (Bazainville – Beynes) avec quelques bosses sèches. Enfin, comme un amateur débutant, j’aborde à peu près toutes les dimensions du « métier ». Reste plus qu’à…
     
  • Site de l'association : Mécénat Chirurgie Cardiaque

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    Jeudi 8 juin 2006 4 08 /06 /Juin /2006 11:29
    - Par Julien HOLTZ - Publié dans : C'est mon aventure
     
    J'ai testé pour vous une jeune cyclosportive d'Ile de France (3 ans d'age). 5.5.5, Jeudi 5 Mai 2005. Une date originale pour un moment important dans la vie d'un jeune coureur cycliste amateur. C'était la deuxième course de ma vie après la Ronde Picarde (Samedi 11 septembre 2004 - classé 303ème de la Master). Dans les quelques lignes qui suivent, je vais partager avec vous les anecdotes, les faits de courses, les sensations, le moral avec lequel j'ai abordé et vécu cette course. Un peu comme le fait Julien Guiborel (SCO Dijon) sur son blog (www.julienguiborel.com), je vais vous raconter comment j’ai vécu ce qui est ma 2ème course cycliste. Un moment de vie fait de rencontres, de connivences, de souffrance, de dépassement de soi et de joie … au beau du compte.
     
    > Les derniers entraînements avant la course
     
    Dans les 3 semaines qui précèdent la course, depuis que je me suis engagé auprès de l’organisation, tout mon influx nerveux, toute ma concentration sont orientés sur la date du 5 mai. Naturellement, insidieusement, j’appuie davantage mes sorties, j’ose me faire mal dans les cotes, notamment celles de Saint Rémy les Chevreuse et de Chateaufort. Les sorties dans le PGV (Peloton Grande Vitesse) à l’Hippodrome de Longchamp sont ultra rapides (41,5 de moyenne sur le plat sur 1h15 à 1h30).
     
    La perspective d’une compétition donne « du jus », de la gniac. Pour peu qu’il y ait du vent dans le dos, sur les portions plates, on peut friser les 45-50. Attention toutefois dans ces cas-là à ne pas dépenser trop d’énergie avant l’échéance. Je suis mes pulsations, ma dépense énergétique, ma courbe de poids. Je pars reconnaître la partie du parcours que j’ignorais (Bullion – Gambais) et finalement en tire l’enseignement qu’il ne faut absolument pas s’inquiéter de cette portion-là. A défaut de temps je n’aurais pas reconnu une portion qui se révèlera plus ardue (Bazainville – Beynes) avec quelques bosses sèches. Enfin, comme un amateur débutant, j’aborde à peu près toutes les dimensions du « métier ». Reste plus qu’à …
     
    > Le Jour J : Excité, nerveux et noué
     
    6h15, le réveil a déjà sonné une fois mais je peine à ouvrir l’œil. La raison voudrait que je me nourrisse bien et beaucoup en ingurgitant un bon plat de pâtes. Mais désolé, à cette heure-là et avec le stress de la course s’approchant, rien ne passe ou alors avec difficulté. Les repas des derniers jours sont sensés m’avoir permis de stocker les nutriments nécessaire pour la course. Nous allons voir.
     
    7h40, après une demi heure de route et de rock pour me motiver, j’arrive sur les lieux. Des coureurs sont déjà en train de rouler pour s’échauffer, d’autres s’affairent à leur voiture pour s’habiller, sortir le vélo du coffre, monter la roue avant. Personnellement vu la fraîcheur matinale j’hésite à mettre les collants et/ou le k-way. Je pose mon premier dossard (le n°45, 4 épingles à nourrice feront l’affaire) sur mon premier maillot de club, le CSM Puteaux. Parce que la notion de compétition est pour moi une source d’anxiété et en même temps d’excitation, je somatise mon stress dans le ventre, rien de mieux pour compliquer la situation.
     
    7h59, je suis encore à la voiture, je n’ai pas vu le temps passer. Je suis encore à 300 m du sas de départ. Le départ est à 8h. Ça commence bien …
     
    Ca y est, la meute est lancée, les premiers kilomètres amènent assez vite de la nervosité dans le peloton à cause des coups de freins fréquents et violents à donner dans des routes étroites et sinueuses. Je me rends vite compte que tout le monde à les jambes nues et que mes jambières vont vite me gêner. J’entreprends pendant ces kilomètres neutralisés de les enlever. Ce qui n’est vraiment pas une mince affaire étant donné que nous roulons en peloton compact. Elles termineront sur mes chevilles le reste de la course …
     
    A Crespières, ça tournicote, ça descend. Le départ lancé est donné. Ca part dans le coup de feu ! Descente de Crespières vite vite. On se déjà le vent :'( Puis la descente de Beynes, là c chaud ! Un bon 60 km/h avec vent presque de face. Le peloton s'étire, il me faut boucher … Bertrand Lavelot (n°195, Rueil Athletic Club que je croise souvent à l’Hippodrome de Longchamp dans le peloton des « fusées ») me dit de recoller et me mettre à gauche de la route. A Saint Germain de la Grange ça monte très vite. (28-31). Je suis sur le grand plateau.
     
    > Première épreuve : boucher une cassure dans le peloton
     
    Pourvu ça ne craque pas devant … Tiens ben si … En direction de Neauphle, le peloton de scinde en 2 à une dizaine de coureurs devant moi dans cette côte. Bertrand qui n’est pas très loin dans les roues me dit que c'est le moment pour rentrer. Facile à dire! Je me fais mal pour boucher … mais ça ne veut pas rentrer. Alors peut être dans la descente avant de traverser la N12 ? J’atteins ma vitesse max : 70 et je n’arrive toujours pas à rentrer ! Ah heureusement je rentre juste après la traversée dans un faut plat descendant. Mais je ne suis pas le seul, peu de temps après c'est le 2ème peloton qui recolle.
     
    B.Lavelot me conseille alors de remonter dans le peloton pour ne pas laisser ceux qui rentrent remonter. Ok chef ! Bon alors mise en application. Plutôt placé à droite à ce moment, je me décale vers la gauche pour le suivre. Je monte bien, mais crac boum hue ! ça ralentit un peu devant à la défaveur d'un virage à droite, un petit terre plein au sol force le coureur devant moi à se rabattre. Ma roue avant était engagée à hauteur de sa roue arrière. C’est la chute garantie. Cadeau Bonux : Brûlure au genou, contusion à la fesse et surtout le peloton de tête qui s’est s'enfuit le temps que j’aie le dos tourné … 8o(
     
    > Deuxième épreuve dans la foulée : La chute et la course-poursuite
     
    La galère commence. Pendant je crois entre 5-6 km le couteau entre les dents, je roule. Je vois l'arrière du peloton et un motard d’une association ayant assisté à la chute décide de m’aider au bout de 2 km de poursuite. Il se met devant moi. Je ne refuse pas cette aide bienveillante qui à mon sens ne revêt aucun problème d’irrégularité vu que c’est une assistance suite à une chute et que je n’avais d’objectif que de finir la cyclo avec une moyenne correcte.
     
    Mais j'ai vraiment mal aux jambes, au cœur. Je me mets minable pour revenir. Là il faut avoir le moral pour tenir le coup. Car jusqu’à ce fait de course, j’étais dans le peloton de tête, j’avais fait un effort violent pour boucher une cassure qui s’est produite à mon insu à cause de coureurs qui avaient faibli et désuni le peloton par le milieu. Je me sentais bien, les jambes répondaient même dans les bosses où montait grand plateau à 31. Voir tout ce bon début de course anéanti par une chute était démoralisant. Mais ce n’était pas fini.
     
    Je rentre sur l’arrière du peloton sur les pavés des Menuls. Mais là c’est de nouveau la débandade ! Les pavés font sauter les gourdes, des coureurs ont chuté, D.Schmitt le vainqueur m’avoue avoir quasiment fait des sauts avec ses roues carbone. La mouise me poursuit, je roule sur la gourde de quelqu'un et j'explose dans les premiers mètres de la cote. Je n'étais pas dans l’allure du groupe de tête, les pulsations cardiaques encore au sommet, je n’avais aucune roue à laquelle m’accrocher.
     
    > Les Mesnuls, le moment de l’explosion
     
    Comme toujours lors des difficultés (bosses, cotes, cols), la sélection se fait par l’arrière dans un premier temps puis par l’avant. C’est dans la cote des Mesnuls à 140 km de l’arrivée que la course s’est décidée. J’ai en effet appris de la bouche de D.Schmitt qu’un groupe de douze avait décollé à l’endroit le plus sélectif. A l’arrière, je fais ce que je peux pour ne pas perdre trop sur les coureurs les plus proches devant moi. Une chance dans ce moment de « détresse », 4 coureurs pris dans la chute des pavés remontent au train et le groupe commence à grossir, je donne le maximum pour ne pas perdre le contact et me mettre dans leur roue. Pour moi, ce sera « la bonne » comme on dit. Le groupe va grossir en rattrapant des coureurs intercalés devant jusqu’à une grosse vingtaine d’unités.
     
    > Les groupes se constituent, j’essaie de récupérer
     
    J’essaie comme je peux en traversant les Vaux de Cernay de reprendre mes esprits, que j'arrive à faire redescendre le cœur. Mais pas possible pour le moment, ça roule encore fort dès que c'est roulant on est vite à plus de 40. Ca commence à ralentir aux abords de Chevreuse. Le peloton n’est pas encore très loin devant, au hasard d’une ligne droite, je crois en apercevoir la queue. Les 2 efforts violents que j’ai produits (pour revenir 2 fois sur le pelotons) en début de course me restent sur le ventre. J'ai cette sensation désagréable et nauséeuse de malaise encore pendant quelques kilomètres avant que cela ne soit le mal de reins qui me suive jusqu’à la fin de la course.
     
    > Le vent, l’organisation des relais
     
    En prenant la direction les Molières puis vers Bullion, comme avec le club à l’entraînement en janvier, je retrouve un vent de 3/4 (Nord Ouest). Les bordures qui s’organisent font toute la largeur de la route et parfois nous rencontrons des voitures hurlantes et trop rapides.
     
    A l'approche de Clairefontaine, ça roule pas mal, je sais que le ravito arrive et j'ai besoin d'une bouteille pour refroidir la machine. Je commence à me sentir mieux, (de là à dire que j’ai récupéré, on va pas exagérer non plus) alors j'appréhende la cote de Montjoie en tête du groupe et la passe à fond pour pouvoir m'arrêter à la table du ravitaillement. La bosse passe comme une lettre à la poste !! Même pas mal aux cannes ! J’entreprends fréquemment des assouplissements et des étirements des lombaires. Aux Greffiers, on se reprend du vent dans la gueule, je sens que le groupe fatigue un peu. Alors on s'organise implicitement pour maintenir une vitesse de 30, direction Gazeran. A partir de maintenant, notre groupe sera escorté par un gendarme jusqu’au derniers kilomètres. Dans les alentours des « Chaises » nous avons un vent de face, on s'organise des relais courts à 35-36. J'en prends 4-5 et après je me range. C’est reparti, le second souffle ! On aborde la cote de Boissière l'école tranquillement.
     
    > La fatigue générale au bout de 120 km
     
    Notre moyenne horaire commence à fléchir. La fatigue se fait sentir dans le groupe. Après la Boissière, ça roule moins bien lors de ma reconnaissance tout seul. Le vent et de la fatigue pèsent dans nos jambes. La bosse de Béchereau fait mal à cause d’un faut plat plutôt prononcé. Mais j’ai l’intuition de monter les cotes mieux que mes compagnons d’un jour. Systématiquement en danseuse, je mélange souplesse, vélocité et puissance. C’est agréable de ne pas se sentir pour une fois à l’agonie dans une course où j’ai traversé un épisode catastrophique. Puis après cela redevient roulant vers Adaimville, Sergontières, Gambais.
     
    Je mène le peloton à l'attaque de Bazainville en prenant un relais long mais modérément appuyé car nous approchons la cote de Bazainville dont on m’avait dit qu’elle serait ferait mal. Une cote qui se passe sur le petit plateau sans trop de difficulté. Sauf que la fatigue de 140 km se fait sentir dans la vitesse de récupération et la puissance développée pour la grimper.
     
    > La fameuse cote de Septeuil, les crampes et le ravito
     
    La route qui nous relie jusqu’à Septeuil est en faux plat. Je sens l'usure et la fatigue, un ras-le-bol général se fait sentir. Vivement l’arrivée ! Je n’avais jusqu’à présent pas été surpris par ce que je croyais être une course difficile. Les bosses allaient en fait se concentrer sur la fin, en même temps que l’effet de la fatigue. Justement à Septeuil, LA côte de la course sur une route communale, grasse, gravillonneuse et pentue. Faut voir le pourcentage ! … Des crampes qui s’étaient réveillées dans les vastes internes et les quadriceps ont recommencé à sévir dans cette « terrible » cote me forçant à la finir assis … AIE !! AIE !!
     
    Le 2ème ravitaillement était situé en haut de la cote. Jugeant qu’il me restait pour le coup suffisamment de flotte pour terminer l’épreuve, je décide de ne pas m’arrêter. Malgré les crampes, je termine pourtant bien cette difficulté, à 20 m des 5 rouleurs du groupe (ils ont menés la majorité des relais). Même si la douleur vive dans les cuisses m'en a fait voir de toutes les couleurs en quelques secondes, je force pour boucher le trou dans les 300 m qui suivent. Regroupement avec léger écrémage derrière.
     
    Allez ! C’est la dernière heure. C'est bon pour le moral. Y'a des longs bout de droit. Le groupe se scinde en 2. 5 coureurs sont devant mais dans un premier temps on ne s'organise pas pour boucher. Puis 2 coureurs font l'effort pour tous et nous ramènent. Ouf … Je n'avais pas envie de me faire mal aussi loin de l'arrivée.
     
    > Le vent de Beynes et de Crespières
     
    Allez passons, quelques km et zig zag plus loin, on attaque une descente vers Neauphle très vite (60 km/h) puis à gauche vers Cressay. Petite route très bombée. On est à 28-29 max. On récupère la route vers Beynes en ayant contourné Neauphle. La route vers Beynes est dure à cause du vent. Je plains ceux qui mènent le paquet ! Je crois que j'attaque le bas de la cote sur le grand plateau pour revenir à un développement plus court vers le somment. Puis survient le faux plat de Crespières que nous avions attaqué à plus de 50 au départ de la course. Waaa, on n'avance plus du tout ! Dans Crespières, je passe la bosse apparemment plus frais que les autres. C'est sans doute parce que j’ai essayé de gérer mon effort et mon implication dans le groupe suite à grosse fatigue du début de course.
     
    > Un final avec crampes sur mesure
     
    Avant la côte de Beule (Maule 78), il y a une belle descente dont je profite pour lâcher le groupe et tenter de revenir sur le coureur qui était sorti devant moi. J'attaque la cote de Beule un peu vite. Sûrement trop ;-p Là j'ai deux barres dans les cuisses. Des mains de bûcherons me saisissent les muscles et les compressent plus je force sur les pédales. 22-21 puis 18 … Je vois que je vais en doubler un … mais un autre revient de derrière. Bravo ! Bien joué … je n'aurais de tout façon pas pu me battre …
     
    Le speaker cite mon nom au micro, alors interloqué je reviens vers le podium pour répondre à ses questions. Je fais alors part de mes excellentes impressions sur la course, le parcours, l’organisation. Et raconte les 2 moments clés de ma course. C’est ensuite au tour d’un jeune journaliste du journal de Versailles de me poser quelques questions. A m’entendre parler dans le micro, j’ai eu un temps l’impression d’entendre parler mon père … Je termine 96ème / 387 participants en 5h13'33 et 9ème de la catégorie C (18-29 ans). Quelques jours après, un classement revu et corrigé par l'organisation me place en 102ème position, je n'y comprends pas grand chose.
     
     

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    Jeudi 8 juin 2006 4 08 /06 /Juin /2006 11:28
    - Par Julien HOLTZ - Publié dans : C'est mon aventure
    > Pourquoi rouler à l’Hippodrome de Longchamp ?
     
    D’abord, c’est la possibilité pour les parisiens et franciliens de s’entraîner sans prendre sa voiture. Donc en semaine à la sortie du bureau. C’est la possibilité en moins de 2h de produire un effort intense que ce soit pour les muscles et pour le cœur. Les dépenses caloriques pour ce type d’effort oscillent entre 700 (env. 1h) et 1400 kcal (2h) en ce qui me concerne. (Pour info, un homme a besoin de 2400 kcal par jour). En 2h, votre organisme peut dépenser jusqu’à la moitié de ce que vous lui donnez pour la journée. Voilà une bonne solution pour maigrir et s’affiner.
     
    > Quel type d’effort produire ?
     
    Vous voulez rouler en solitaire ? Très bien. Vous vous rendrez compte, à moins de tenir un rythme constant de 40 de moyenne que certains pelotons vous doubleront à vive allure … Longchamp se prête à ce genre d’entraînement spécifique mais c’est avant tout un endroit où vous venez pour rouler en peloton, pour faire « du fractionné ».
     
    On trouvera toujours une roue pour s’abriter à Longchamp. Vous chercher un entraînement spécifique et musclé, vous voulez progresser en roulant avec les meilleurs, c’est le mardi et le jeudi en fin d’après midi que vous croiserez le peloton des coureurs les plus rapides. Vous voulez rouler à mois de 30, possible aussi. C’est comme ça que j’ai débuté en 2004. Tourner les jambes sur les 3,6 km du circuit avec le petit plateau (39 dents) pour échauffer les gambettes et le cœur. Puis une fois échauffé, vous aurez certainement envie de hausser le rythme. Il se forme souvent des groupes qui roulent à 33-34 k/h. C’est la 2ème étape. La 3ème étape sera d’intégrer un peloton qui roulera entre 38 et 42 km/h en moyenne. Là ça se corse.
     
    > Comment rouler dans un peloton à Longchamp ?
     
    A mesure que la saison avance, la forme vient. Le temps de plus en plus favorable (moins de vent, températures douces, soleil) rend la débauche d’énergie plus efficace. Moins d’énergie dépensée pour lutter contre le vent, davantage pour emmener le peloton à vive allure.
     
    Avril, Mai, … Les sorties à Longchamp dans le peloton des furieux se font de plus en plus rapides. A peine arrive-t-on sur « l’anneau de vitesse », l’anneau de vérité, que les motrices du « PGV » (le Peloton à Grande Vitesse) nous doublent. N’aimant pas me retrouver coincé entre le trottoir et les coureurs, je me débrouille toujours pour rentrer dedans par sa gauche. Pour intégrer le groupe, il faut parfois se donner un sérieux coup de pied au cul tant le différentiel de vitesse est important !
     
    Pour ne pas avoir à faire des relances trop violentes, il faut généralement se positionner dans les 15 premiers. Mais dans cette position-là, il devient inévitable de devoir prendre un relais à un moment donné. Tenez, il m’est arrivé dans la semaine précédant ma première course de la saison (la Chevreuse en Yvelines 2005) d’avoir à boucher en sprintant une cassure qui s’était faite au niveau du moulin. En ramenant derrière moi une bonne centaine de coureurs à 55 dans le faux plat (long de 850 m), j’ai fait monter le coeur à 187 pulsations/minutes.
     
    3 semaines après, au même endroit, nous tentions de revenir à 4-5 sur le groupe qui nous avait fait faux bond lors d’un regroupement avec un peloton plus lent. Prenant un relais à 46 même dans le faux plat, après avoir bouché un trou de 200-250 mètres j’ai mémoire d’avoir dû m’arrêter à 5 mètres de rentrer dans les roues (c’est très rageant), les pulsations à 189. Presque un réflexe du corps qui « dit stop ». A 2 pulsations près, tout allait bien, je sentais bien que j’étais à la limite mais j’espérais pouvoir y rester plus longtemps mais pour cela il aurait fallu pouvoir produire sur la fin un effort décroissant.
     
    > Des exercices spécifiques ?
     
    Ne m’en demandez pas trop ! Moi aussi je suis en train d’apprendre le vélo … Je vous parlerai tout de même de deux anecdotes évocatrices :
     
    La première, c’était lorsque deux de mes coéquipiers du CSM Puteaux remontaient le long d’un peloton qui roulait entre 34 et 36 mais sans vouloir s’abriter dans les roues. Je me suis alors extrait de ce groupe pour aller rouler avec les deux du CSM. Pour un entraînement assez dur : braquet 52 x 19 à 38 km/h pendant 3 tours en se relayant tous les 300 mètres. Au bout d’un tour et demi étant donné qu’on est peu protégé du vent et que les relais reviennent vite, ont commence à sentir l’acide lactique dans les jambes, les fesses et les isquio-jambiers. Au bout de 2 tours, j’avais envie de me relever mais l’un des 2 m’a dit : « Non ! Reste ! C’est maintenant que c’est bon ! » (Entendez par là que c’est bon pour l’entraînement)
     
    La seconde, c’était à la faveur d’un entraînement de près de 2h dans les roues du peloton des furieux. Jean François Guiborel (CSM Puteaux), un de ces anciens pistards qui à la classe même à 50 ballets, roulait avec nous. Je faisais attention à me repositionner souvent dans sa roue ou à vue pour m’exercer avec la même intensité d’effort. Au bout d’une bonne heure, il me glisse : « Allez Ju ! Maintenant il faut que tu fasses de l’effort ! Lance toi dans les coups ! Fais du spécifique ! » Cela correspondait à un moment ou le peloton se désorganisait, que personne ne voulait rouler devant et que les coureurs voulaient rouler pour leur pomme. Des coups partaient donc par l’avant par paquets de 5. Et derrière, les coureurs roulaient pour rester dans les roues et de fait préserver la cohésion de ce qu’il restait du peloton. J’ai eu la chance de pouvoir faire partie pendant une demi heure de ces coureurs qui animaient la tête du groupe, puis se remettaient de manière cyclique dans les roues pour s’accrocher et souffler un peu. Un travail qui portera ses fruits pour les relances en course.
     
     
     

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    Jeudi 8 juin 2006 4 08 /06 /Juin /2006 11:24
    - Par Julien HOLTZ - Publié dans : C'est mon aventure
    Le cyclisme est un sport individuel qui se pratique en équipe. Dès le début de la saison 2005, Jean François Guiborel fidèle conseiller et professeur en matière de cyclisme, m’invite à rejoindre le club pour les sorties d’hiver. Un dimanche matin de janvier, devant le collège Bergson de Garches, 9h, -2°c … Grrrrr. C’est parti pour 120 bornes dans la vallée de Chevreuse.
     
    > Leçon n°1 : Profiter du travail d’un équipier
     
    Les coureurs du club ont déjà de bonnes longueurs d’avance car en réalité la saison démarre bien plus tôt, en décembre. Alors je lutte dans les bosses pour ne pas perdre trop de terrain et ensuite pour revenir sur le plat. Tenez par exemple la côte des Mesnuls qui est précédée par un secteur pavé de 150-200 mètres. Je peux vous dire que pour suivre le groupe il a fallu s’accrocher. J’ai « explosé » dans la bosse, le cœur dépassait sûrement les 180 pulsations/minute. Mais l’effort ne s’arrête pas là : les cuisses meurtries, la poitrine brûlante, le cœur en train de défoncer la cage thoracique ; je vois le groupe s’éloigner. Ils ont « vissé la poignée ». Je regarde le compteur, 38, 40 je ne rentre pas sur le groupe, je n’arrive pas à boucher un trou de 80 mètres. Jean François Guiborel voyant cela se relève et me ramène dans sa roue à … 44 ! Jeff (alias « la Guibole ») a fait un travail d’équipier, le genre de travail que l’on voit souvent à la télé dans les classiques ou sur le Tour, lorsqu’une équipe remonte son leader au peloton après un problème mécanique ou une chute. Un enseignement : ne pas relâcher l’effort avant d’être dans les roues car on prend encore le vent même seulement à 1 mètre derrière le peloton. Celui qui menait le train, c’était Clément, junior au CSM Puteaux et petit frère de Julien Guiborel. Quelle famille !
     
    > Leçon n°2 : Rentrer derrière la voiture
     
    Fin février, la neige a recouvert l’Essonne et les Yvelines et les intempéries vont décourager pas mal de coéquipiers en cours de route. Une côte terrible à Gif sur Yvette a fait exploser le groupe. Le gros de l’équipe est rassemblé mais les lâchés s’effilochent par l’arrière comme on le voit souvent dans les étapes de montagne du Tour. La solidarité s’installe entre les lâchés, car conscients que personne ne se relèvera devant (nous nous entraînons dans des conditions de course), nous savons que pour récupérer et rentrer à l’avant, il faudra s’organiser. C’est toujours dans une bosse ou juste à la relance que les écarts se font. Sur le plat si le rythme n’est pas trop irrégulier, tout le monde reste dans les roues et celui qui veut s’échapper doit être un grand rouleur. En haut de la cote, à la sortie de la foret, il y a un vent à décorner les bœufs ; alors Raymond Plaza (Président du CSM Puteaux), qui nous suit dans une Fiat break jaune canari aux couleurs de Mavic et des cycles Le Greves, remonte à la hauteur de notre groupe de 4 en nous faisant signe de nous coller dans l’aspiration de la voiture. Rouler à 45 km/h à 20 cm du pare choc d’un break est impressionnant ! Surtout lorsqu’on pense à la différence de capacités de freinage.
     
    > Leçon n°3 : Faire des « bordures »
     
    Le même jour, sur la route entre les Molières et Bullion, avec un vent de ¾ face provenant du Nord Ouest, l’apprentissage continue. Les intempéries vont décourager pas mal de coéquipiers en cours de route, soit, serrons les dents. Le vent soufflant de la droite, l’éventail s’ouvre vers la gauche de la route. Inévitablement il faut que ça tombe sur moi, je me retrouve sur le bord gauche de la chaussée, dans la capacité de me protéger derrière le coéquipier qui me précède. José Vallée me demande alors d’ouvrir un deuxième éventail avec la 2ème partie de l’équipe, de laisser 5 à 10 mètres d’écart avec le 1er groupe et de ne surtout pas revenir sur eux. Pourquoi ? Premièrement pour travailler et ne pas faire le fainéant en allant se cacher dans les roues, deuxièmement parce que le vélo est un « sport de voile » pour lequel il faut apprendre à jouer avec le vent et que les coéquipier derrière ne seraient pas protégés s’ils roulaient en file indienne derrière un éventail.
     
    > Leçon n°4 : Participer aux relais
     
    Sur les routes de la vallée de Chevreuse et des alentours de Monfort l’Amaury, le tracé se prête au travail spécifique sur les relais. Le mois de février souvent venteux et froid se prête quant à lui à la préparation foncière de la saison. Souvent le peloton du club se retrouve en configuration de travail intensif. Les mains en bas du guidon, tour à tour, les coureurs qui se sentent bien montent au créneau et participent aux relais 20 à 30 secondes entre 36 et 42 km/h. José Vallée, membre actif et coureur amateur expérimenté, me lance rapidement : « n’accélère pas ! ». C’est vrai, il ne faut pas accélérer par rapport à celui dont on va prendre le relais. En reprenant sa place à l’arrière du groupe, ce coureur se relève et ralentit naturellement.
     
    > Leçon n°5 : Rouler en peloton, 2 par 2
     
    Ce genre d’apprentissage est plutôt implicite. On voit les autres faire alors on fait comme eux. Par mimétisme. Lors de sorties d’entraînement matinale de l’hiver, l’équipe du CSM se range en formation 2 par 2 pour prendre le moins de place sur la chaussée quitte à rouler sur les bas côtés quand on ne risque pas la crevaison. Le plus difficile au départ, lorsqu’on est gauche est de rouler presque épaule contre épaule avec son partenaire de rang. En se méfiant on a toujours tendance à prendre quelques centimètres de retrait par rapport à la roue qui nous précède et latéralement. Regardez le Giro où le Tour, les pros roulent parfois à 10-11 de front … Imaginez-vous au milieu de ce peloton sans avoir aucune possibilité immédiate de dégagement. Crispant ! non ? Le problème en ne suivant pas ces 2 règles, d’abord en ne collant pas dans la roue de celui qui vous précède, vous profiterez d’un abri moins efficace ; ensuite en s’écartant latéralement c’est au coureur de derrière que vous reportez le problème de positionnement.
     
     

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    Dimanche 4 juin 2006 7 04 /06 /Juin /2006 17:46
    - Par Julien HOLTZ - Publié dans : C'est mon aventure

    Ma première cyclo, ma première course après environ 3000 km d’entraînement. Je m’étais classé 303ème de la « Master » (189,5 km), exténué, brisé par un effort que je n’avais jamais connu ni commis auparavant. Jamais à l’entraînement je n’avais dépassé 120 km. Emu en parcourant les derniers kilomètres et de relever ce défi que je m’étais fixé. Emu d’avoir été puiser jusqu’au fond de moi des ressources pour tenir, avancer, finir.

    Tout a démarré l’année dernière, lorsque je me suis mis au vélo au retour des beaux jours. Quelques kilomètres d’entraînement, en peloton à Longchamp ou seul dans les Yvelines. C’est en travaillant sur le Vélo Club (l’émission de FranceTélévisions) sur le Tour 2004 que j’ai rencontré Denis Schmitt, un des meilleurs amateurs élite des années 80. Il avait raccroché quelques années avant de reprendre le vélo en septembre pour participer comme moi à la Ronde Picarde 2004.

    > Rouler oui ... mais à quelle allure ?

    A vrai dire, au départ je ne savais pas si j’allais avoir le niveau pour faire les 190 bornes ou me replier sur la boucle de 130 (parcours commun sur 110 km). Mais en roulant, en gravissant les monts de Picardie, en traversant la Baie de Somme, le long de la mer (paysage grandiose), les jambes tournaient. Je me nourrissait consciencieusement (1 barre et 15 cl de boisson par demi heure). Je participais même au relais d'un peloton fourni et roulant souvent entre 35 et 40 km/h. Jean François m'avait pourtant conseillé de rester dans les roues, à l'abri. Mais que voulez-vous, par manque d'expérience, je ne savais pas toujours bien me replacer dans les roues, et me retrouvait souvent dans le vents. Au ravitaillement (km. 90) auquel je me suis arrêté le temps de faire redescendre le cœur et de remplir le bidon, je me suis décidé pour la grande. Mais en m’arrêtant j’avais laissé s’échapper le gros peloton dans lequel je venais de rouler 2 heures.

    > km 110, 20 minutes de fringale

    Repartir vent de face avec 4 coureurs n’était pas une mince affaire. D’autant que j’allais connaître sur 10 km un grand moment de solitude et de fatigue après avoir basculé sur le tracé de la « Master », gardant à vue deux anglais que je semblais incapable de rattraper. J’ai finalement parcouru les 70 derniers kilomètres à l’énergie en constituant avec eux un groupe d’une douzaine d’unités. J’avais la sensation de grimper mieux les bosses que mes compagnons de cordée.

    > Décoller à 10 km de l'arrivée

    Alors à 10 km de l’arrivée, montant à mon rythme ce qui allait être la dernière bosse sélective, je me suis échappé pour finir seul, 299 ème en 06:12:26. 26ème des jeunes.

    Un moment de fierté. Un des accomplissements personnels les plus importants de ma vie. Durant les deux dernières heures de course j'avais du fond de la poitrine montaient des sanglots que j'avais du mal à contenir. Un mélange de fierté d'avoir su relever le défi après être parti à l'aventure de soi-même, dans l'inconnue la plus totale; et de fatigue, d'épuisement même. Pour un coureur débutant, une épreuve d'endurance comme cette cyclosportive se paie cher. Physiquement méconnaissable après la course, j'avais perdu 2 kg par rapport à un poids qui était déjà un poids de forme. Il fallait désormais se reconstituer et manger "gras", protéiné et beaucoup boire.

    Denis, venant de reprendre le vélo depuis 3 semaines, avait « fait le départ » avec et Jean François Guiborel dans le groupe de tête puis s’était relevé au bout d’une heure pour attendre et accompagner Henri Sannier et son fils Antoine, pensionnaires du Club d’Eaucourt sur Somme. Julien Guiborel (en 2004, coureur de l’équipe Crédit Agricole Espoir – actuellement (2005) au team Lapierre de Dijon) avait gagné l’épreuve avec maestria à près de 38 de moyenne.


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