Dopage


Jeudi 16 août 2007 4 16 /08 /Août /2007 11:59
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Dopage
Le mercredi 08 aout, lefigaro.fr titrait " Kashechkin positif !" ... Alors que nous nous dorons la pillule sur les plages de sable fin, que nous crapahutons sur les pentes escarpées de nos belles montagnes, ou que nous buchons sur nos projets dans les alés météorologiques parisiens ... la roue de l'infortune tourne et pointe sur un équipier que l'on croyait modèle. Andrej Kashechkin a été controlé positif aux transfusions homologues comme Vino.

Quand on est en vacances, qu'on suit tout çà de loin, finalement on n'y accorde que bien peu de crédit. Pour le coup, je peux même vous dire que je m'en foutais comme de l'an ... ! Encore une déception de plus qui ne devait surtout pas ternir mes vacances ! Le Tour de France s'en relèvera mais le cyclisme professionnel ? et que dire du cyclisme amateur ?

L'article :



Andrej Kashechkin a été contrôlé positif aux transfusions sanguines homologues lors d’un test inopiné réalisé le 1er août. Le Kazakh a été automatiquement suspendu par sa formation Astana.

Kashechkin comme Vinokourov
Un nouveau coup dur pour le cyclisme ou un signe que la lutte contre les tricheurs est efficace ? A la lueur de l’annonce du contrôle positif d’Andrej Kashechkin, les optimistes pencheront pour la deuxième option. Car le Kazakh s’est fait prendre à l’occasion d’un test inopiné, l’une des solutions prioritaires avancées pour combattre le dopage, réalisé le 1er août en Turquie, à Belek, soit trois jours après la fin du Tour de France ! La méthode employée est la même qui avait confondu son compatriote et ami Alexandre Vinokourov sur le Tour de France. Andrej Kashechkin a eu recours à une transfusion sanguine homologue (injection du sang d’un donneur compatible). Ceci avait d’ailleurs provoqué un étonnement général dans la mesure où les laboratoires sont capables de détecter ce genre de manipulation depuis 2004 et un contrôle de l’Américain Tyler Hamilton. Ironie du sort, Andrej Kashechkin devait participer à partir du 11 août à un camp d’entraînement dans les Alpes suisses en compagnie de sept autres coéquipiers. «Alors qu’Astana Cycling Team met tout en œuvre pour se reconstruire sur de nouvelles bases, le contrôle positif de Kashechkin entame une fois de plus la crédibilité de l’équipe. Ce nouveau coup dur ne fait que renforcer la volonté des dirigeants d’Astana Cycling Team à mettre en place des mesures draconiennes pour un cyclisme propre», s’est fendue la direction de l’équipe dans un communiqué.

Astana vers la sortie
Suite à l’affaire Vinokourov, la formation helvético-kazakhe avait décidé de s’auto-suspendre pendant un mois à partir du 1er août pour réfléchir à «une profonde remise en question, tant de la direction, du staff que des coureurs», et à la mise en place de «nouvelles réglementations, tant au niveau de la structure de l’équipe que des règles éthiques». Des paroles qui prennent aujourd’hui un sacré plomb dans l’aile. Le contrôle positif de Kashechkin est le troisième d’un coureur de cette formation cette année après ceux de Matthias Kessler, confondu à la testostérone début juin pour un test inopiné réalisé en avril, et d’Alexandre Vinokourov. Désormais, se pose inévitablement la question de l’avenir d’une équipe qui figurait dans le viseur de l’UCI depuis plusieurs mois. Avant l’annonce du contrôle de Kashechkin, qui a été automatiquement suspendu en attendant l’analyse de l’échantillon B, Marc Biver, le manager suisse de la formation, avait affirmé bénéficier du soutien du Président de la Fédération cycliste du Kazakhstan, Danial Akhmetov, également Ministre de la Défense, pour prolonger l’aventure dans le cyclisme. Le cas Kashechkin change évidemment tout. Quel organisateur va désormais oser sélectionner une formation qui cristallise tout ce que le cyclisme ne veut plus voir ? Sans parler de la pression que vont exercer les autres équipes, en quête de crédibilité, pour voir disparaître le cancre de la discipline. Construite spécialement pour Alexandre Vinokourov il y a un an et un mois, la formation Astana vient peut-être de vivre ses dernières heures. Ce serait la meilleure nouvelle pour le cyclisme.

Florian Egly, Sport24.com

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Mardi 31 juillet 2007 2 31 /07 /Juil /2007 10:35
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Dopage
Sinkevitz, Vinokourov, Moreni, Rasmussen, ... et maintenant Mayo à l'EPO ! Eau Pastis Orgeat ou bien ?

Déjà avec toutes ces affaires qui éclatent, on ne pouvait plus être sûr de rien sur les exploites des 20 premiers du Tour 2007, mais maintenant, si des couillons se font prendre à l'EPO ... où va-t-on ???

L'article vu sur Lemonde.fr

La formation espagnole Saunier-Duval a annoncé, lundi soir 30 juillet, dans un communiqué, avoir suspendu son coureur espagnol Iban Mayo contrôlé positif à l'érythropoïétine (EPO) pendant le Tour de France. Mayo, 16e de la Grande Boucle cette année, avait subi un contrôle le 24 juillet, lors de la journée de repos à Pau, à la veille de la dernière étape de montagne entre Orthez et le col d'Aubisque.



"Au nom de la lutte contre le dopage dont l'équipe est totalement solidaire, le coureur est immédiatement suspendu dans l'attente du résultat de l'analyse de l'échantillon B", indique la formation espagnole sur son site Internet. "Si ce deuxième échantillon s'avère également positif, nous procéderons à la résiliation de son contrat", précise Saunier-Duval.

"C'est une mauvaise surprise. Il n'a jamais fait partie des coureurs soupçonnés", a déclaré, à l'agence Europapress, le directeur sportif de l'équipe Saunier-Duval, Josean Fernandez. Et de poursuivre : "Il a toujours été négatif aux tests de l'UCI (Union cycliste internationale) et aux contrôles internationaux. C'est une mauvaise nouvelle."


"C'EST TOUT À FAIT REGRETTABLE"

Les organisateurs du Tour de France et le président de l'UCI, Pat McQuaid, n'étaient pas joignables, lundi soir, pour commenter le résultat positif de ce premier échantillon.

Le président de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), Pierre Bordry, s'est, lui, indigné de la révélation de ce nouveau cas présumé de dopage dans le Tour de France. "C'est tout à fait regrettable, nous étions au courant qu'il y avait un nouveau contrôle positif. J'espère qu'il n'y en aura pas d'autres", a-t-il déclaré à Reuters par téléphone. "Il faut encore attendre cinq jours pour savoir s'il y en aura d'autres", a-t-il ajouté, les derniers résultats concernant les tests réalisés sur le Tour de France devant être connus à la fin de la semaine.

Dans une édition 2007 qui devait être celle du renouveau, les contrôles positifs de l'Allemand Patrick Sinkewitz, du Kazakh Alexandre Vinokourov et de l'Italien Cristian Moreni, tout autant que l'exclusion du maillot jaune danois Michael Rasmussen, ont replongé le Grande Boucle dans ses pires cauchemars.

A 29 ans, Iban Mayo, ancien vainqueur du Critérium du Dauphiné libéré en 2004, avait rejoint la formation Saunier-Duval en octobre 2007 dans l'espoir de réaliser une bonne performance sur les routes françaises.

Toujours dans les favoris au départ, mais rarement à l'arrivée, Mayo encourt de lourdes sanctions si sa prise d'EPO est confirmée lors de l'analyse du deuxième échantillon.

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Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /Juil /2007 13:57
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Dopage

Prié de quitter le Tour de France alors qu'il occupait la tête du classement général et se dirigeait vers sa première victoire dans l'épreuve, Michael Rasmussen n'accepte toujours pas la décision de son équipe de l'avoir exclu de la Grande Boucle. Dans un entretien accordé ce vendredi à un quotidien danois, le coureur accuse même Theo De Rooy, son ancien manager chez Rabobank, de lui avoir «volé» la victoire finale.

«Je maîtrisais alors vraiment la course. Mais on m'a volé la victoire. Et ce n'est pas un secret que je suis furieux contre le manager de Rabobank, Theo De Rooy. C'est à sa seule initiative que la décision de m'évincer a été prise», déclare-t-il sans concession. «Cela fait 24 heures que j'ai été évincé du Tour de France, je suis très, très déprimé. Et je ne comprends toujours pas ce qui s'est passé. Mais je peux garantir que ma carrière de cycliste n'est pas terminée», assure-t-il avec détermination.

Le double vainqueur du maillot à pois en 2005 et 2006 dénonce par ailleurs avec virulence la presse française. Il l'accuse d'avoir fait preuve de «haine» à son égard. Une attitude qui selon lui serait à l'origine des huées du public lors de la 16e étape.

Enfin, ne souhaitant plus s'exprimer sur les raisons de son éviction et plus particulièrement sur son emploi du temps avant le départ du Tour, le Danois ajoute avoir fait appel aux services d'un avocat dans l'attente d'éventuelles poursuites à son encontre.


(Avec AFP)

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Jeudi 26 juillet 2007 4 26 /07 /Juil /2007 09:21
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Dopage
Le Danois Michael Rasmussen a quitté le Tour de France par la petite porte, mercredi 25 juillet, licencié par son employeur Rabobank pour avoir menti sur ses lieux d'entraînement. Porteur du maillot jaune, Rasmussen a été remercié le soir même de sa victoire dans la 16e étape de la Grande boucle, au sommet du col d'Aubisque. Avec ce succès, le Danois comptait 3'10" d'avance sur le jeune Espagnol Alberto Contador et semblait promis à la victoire finale, dimanche, sur les Champs-Elysées.

Rasmussen a été remercié par son équipe pour avoir menti sur ses lieux d'entraînement au mois de juin, alors qu'il se préparait pour la Grande boucle. Le Danois avait affirmé qu'il se trouvait au Mexique, pays dont il a eu une licence pendant deux ans et où il possède une résidence. Mais, en réalité, il se trouvait en Italie.

"Il a violé les règles de l'équipe", a déclaré un porte-parole de Rabobank.

"ON IGNORE SI LE RESTE DE L'ÉQUIPE SERA PRÉSENT JEUDI"

Rasmussen avait été mis à l'écart de l'équipe nationale du Danemark après s'être vu infliger deux avertissements pour ne pas avoir fourni son emploi du temps, comme l'exigent les règlements de l'UCI. Cette règle a pour but de procéder à des contrôles antidopage inopinés. Ces sanctions, qui avaient été prononcées à la fin juin pour une absence lors d'un contrôle inopiné, n'avaient été rendues publiques que le 19 juillet. Leur annonce avait provoqué la colère des organisateurs du Tour de France qui avaient fait savoir qu'ils ne souhaitaient plus la présence du coureur.

"L'important n'est pas que Michael Rasmussen soit licencié par son équipe mais qu'il ne soit pas au départ demain", (jeudi) a déclaré le directeur du Tour, Christian Prudhomme.

De son côté, le président de l'UCI, Pat McQuaid, a refusé de se prononcer sur le sujet. "Je ne peux pas faire de commentaires sur le sujet maintenant car je n'ai pas été officiellement averti par Rabobank", a dit McQuaid. "Je suis juste un peu surpris que l'équipe n'en ait pas discuté avec l'UCI." Des gendarmes ont procédé à une perquisition à l'hôtel de l'équipe où se tenait, mercredi soir, une réunion sur la suite à donner à la course.

Un porte-parole de l'équipe Rabobank a déclaré, selon la télévision néerlandaise : "On ignore si le reste de l'équipe sera présent jeudi au départ de la 17e étape." Le directeur de l'équipe Rabobank, Theo de Rooy, a indiqué : "A plusieurs reprises il a dit où il s'entraînait et cela s'est révélé faux. La direction de l'équipe a reçu ces informations plusieurs fois et aujourd'hui nous avons reçu de nouvelles informations."

"PAGE SOMBRE"

La banque a déclaré dans un communiqué publié mercredi soir : "Rabobank est choquée et terriblement déçue que Rasmussen ait menti sur l'endroit où il se trouvait." La banque a ajouté que le coureur avait reçu un avertissement pour avoir communiqué tardivement ses lieux d'entraînement à l'UCI, mais qu'il s'était avéré par la suite que, de surcroît, il avait menti sur ces lieux. "Communiquer des lieux erronés est une violation flagrante des règles de l'UCI, et c'est inacceptable", poursuit le communiqué.

Rabobank a ajouté que son conseil d'adminstration était favorable à la décision d'exclure le Danois de la course et de le limoger. "Rabobank comprend que le moral de l'équipe ait souffert et que les cyclistes, à ce stade, ne puissent décider s'ils veulent ou non prendre le départ demain." La banque qualifie ces événements de "page sombre" de l'histoire de l'équipe. "A ce stade, Rabobank ne compte pas se retirer du cyclisme", précise-t-elle.

Cette mise à l'écart de Rasmussen est le dernier rebondissement dans un Tour de France déjà largement secoué par les affaires de dopage. Le Kazakh Alexandre Vinokourov, de l'équipe Astana, avait été contrôlé positif à une transfusion homologue au soir de sa victoire dans le contre-la-montre d'Albi. La formation Astana avait été contrainte de se retirer mardi soir. L'équipe Cofidis a, elle aussi, quitté le Tour de France, mercredi, après le contrôle positif à la testostérone de son coureur italien Cristian Moreni.

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Mercredi 25 juillet 2007 3 25 /07 /Juil /2007 13:44
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Dopage

Le site Cyclismag fait partie de ces sites qui sortent des dossiers qui éclairent les passionnés et le grand public. Aujourd'hui, et à la suite de la révélation du controle positif sur l'échantillon A de Vinokourouv, Passionveloblog souhaite mettre en lumière le formidable article écrit par le site Cyclismag. Les rédacteurs et les spécialistes auraient semble t il réussi à mettre en évidence que les performances réalisées par les meilleurs du Tour de France cette année sont hors du commun, et pour ainsi dire "inhumaines" !

 

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Gerdemann au Grand Bornand, Rasmussen à Tignes et enfin Soler à Briançon ont remporté les trois étapes des Alpes. Mayo, Contador, Valverde, Evans et Moreau se sont également mis en évidence sur ces grands cols alpestres. Des performances équivalentes aux dernières années.

Collaboration de Frédéric Portoleau

7ème étape, Bourg en Bresse-Le Grand Bornand, 197.5 km

Premier contact avec la montagne en Haute Savoie : le col de la Colombière. Escaladé par son versant nord, le plus difficile, il constitue un obstacle redoutable de 17 km à 6,5% de moyenne. Les pentes fortes se situent à la fin du col après le lieu-dit le Reposoir, à 8 km du sommet. La déclivité atteint les 10% de moyenne sur les deux derniers kilomètres.

L'échappée matinale de 14 coureurs entame l'ascension à Scionzier, avec une avance de 4'20'' sur le peloton emmené par Cancellara la maillot jaune. Au Reposoir, à la suite du seul passage de récupération, Gerdemann et Fofonov sont en tête avec 30 secondes d'avance sur De La Fuente, Gutierrez et Landaluze. Le peloton a encore perdu du terrain, et passe avec un retard de 4'55''.

Le jeune Allemand de 24 ans, Gerdemann, passe seul en tête au sommet. Sa puissance moyenne est de 392 watts sur l'ensemble du col. Il a réussi à maintenir le même rythme jusqu'au sommet avec 388 watts de moyenne sur la partie difficile depuis le Reposoir. A l'arrière, le Colombien Soler démarre au Reposoir, personne ne cherche à le suivre. Il développe plus de 450 watts de moyenne sur les 8 derniers kilomètres. Les favoris du Tour effectuent une fin d'ascension sur un rythme très soutenu à 420 watts. Ils restent malgré tout groupés et 26 coureurs passent ensemble.

Nous retiendrons pour cette première étape de montagne « l'exploit » athlétique du Colombien Soler : 450 watts pendant 22 minutes. Sur une durée d'effort équivalente, Basso et Armstrong avaient développés 460 watts de moyenne à La Mongie en 2004. Nous retiendrons aussi la performance collective des favoris du Tour : 26 coureurs à 420 watts. Le niveau d'ensemble est très élevé. Par comparaison avec d'autres premiers cols du Tour de France, nous avions eu 40 coureurs à 436 watts au col d'Aspin en 2004, 40 coureurs également à 430 watts en 2005 au Ballon d'Alsace. La performance de Gerdemann reste pour sa part un peu plus humaine avec 390 watts de moyenne après une longue échappée.

LES TEMPS ENREGISTRES ET LES PUISSANCES CALCULEES


8ème étape, Le Grand Bornand-Tignes, 165 km

Au cours de cette étape, le peloton devait franchir trois cols: le Cormet de Roselend, la montée de Hauteville et la montée vers la station de ski de Tignes. La particularité de la fin d'étape est l'absence de portions plates entre les cols, ce qui reste assez rare dans les Alpes, au contraire des Pyrénées.

Le début d'étape est extrêmement rapide. Un groupe d'échappées de 17 coureurs parvient à s'extirper et débute la montée du Cormet de Roselend avec une faible avance de 1'40'' sur le peloton. En tête de la course, l'Autrichien Bernard Kohl attaque. Au col de Meraillet, il a une courte avance sur Antonio Colom et Christophe Le Mével. A l'arrière, Michael Rasmussen part en contre et effectue une remontée assez spectaculaire. Rasmussen développe 406 watts de moyenne sur le col de Meraillet. Il prend trois minutes au peloton sur une portion de 12 km. Les meilleurs du groupe d'échappées ne dépassent pas les 390 watts. Le peloton qui monte nettement moins vite développe 366 watts de moyenne. Le vent assez fort ainsi qu'une pente moyenne plus basse ne nous permet pas de calculer la puissance avec précision sur la fin du Cormet de Roselend. Sur l'ensemble du col, le Danois Rasmussen réalise « l'exploit » de reprendre cinq minutes au peloton.

Le spécialiste des raids en montagne poursuit sa chevauchée dans la montée de Hauteville toujours au même rythme à 405 watts. Seuls David Arroyo et Antonio Colom parviennent à le suivre. Ils profitent en fait de l'aspiration sur les pentes modestes de la route du col du Petit Saint Bernard. A 28 km/h, elle n'est pas négligeable.

Les 3 hommes de têtes abordent la dernière ascension avec une avance conséquente de 5'50'' sur le peloton. Sans surprise, Rasmussen profite de pourcentages plus élevés au pied de la montée vers Tignes pour lâcher Arroyo et Colom. En raison du vent de face, nous ne pouvons pas évaluer la puissance de Rasmussen sur le dernier col. Avec l'hypothèse d'un vent nul, il aurait développé 370 watts. On peut raisonnablement affirmer qu'il a maintenu à peu près le même rythme jusqu'à la fin de l'étape.

A l'arrière de la course, nous assistons à la première bataille entre les favoris du Tour. Christophe Moreau est le premier à attaquer. Malgré la bagatelle de sept démarrages, il ne réussit pas à partir seul. Iban Mayo accélère aussi plusieurs fois dans la première partie de la montée avant le barrage du lac du Chevril. Le vent de face est moins prononcé sur la dernière partie du col. Nous changeons en fait de vallée après le barrage pour aller en direction du Sud Ouest vers Tignes. Iban Mayo parvient à partir seul. Il développe 440 watts pendant 9 minutes. Moreau, Valverde, Schleck, Kashechkin et Evans « poussent » pour leur part 427 watts.

Pour un type d'effort style « raid de montagne », Rasmussen a montré sur cette étape un potentiel supérieur à ce qu'il avait réalisé en 2005 dans les Vosges et l'année dernière à La Toussuire. Il a réussi à se maintenir environ deux heures, si on additionne le total des montées, à 400 watts de moyenne. Par comparaison, c'est mieux aussi que les grandes échappées de Virenque en 1994 ou 1995. Richard Virenque concédait en moyenne sur chaque ascension 20 watts à Rasmussen.

Nous retiendrons de cette étape aussi le final rapide d'Iban Mayo à 440 watts ainsi que le potentiel de récupération musculaire assez incroyable après chaque démarrage pour un coureur comme Moreau. Il faut savoir qu'en puissance instantanée, les meilleurs coureurs professionnels dépassent souvent les 1000 watts pour des accélérations en cours d'étapes. De plus dans les ascensions, après chaque attaque, le coureur doit reprendre le rythme de la course à 400 watts ou plus. Sur le plat, la récupération dans les roues est un plus aisée. Christophe Moreau a réalisé sur Tignes une lourde séance de fractionné.

LES TEMPS ENREGISTRES ET LES PUISSANCES CALCULEES





9ème étape, Val d'Isère-Briançon 159.5 km

Cette étape emprunte la route des Grandes Alpes avec le col de l'Iseran puis le col du Galibier depuis Saint Michel de Maurienne. Au menu, la « face nord » du Galibier avec ses 30km d'ascension et ses 2100m de dénivellation. Un des cols les plus difficile de France.

Le col de l'Iseran est gravi relativement tranquillement par le peloton dans les premiers kilomètres : 337 watts de moyenne pendant 15 minutes. Ce rythme convient aux sprinters. Tom Boonen, le maillot vert arrive à suivre. Arrieta a été le premier attaquant. Il est vite dépassé par Popovych. Ce dernier prend rapidement une minute d'avance. Puis Soler part en contre pour effectuer une fin de col assez rapide à 380 watts. Lefèvre est le seul à pouvoir le suivre. Popovych passe seul au sommet avec 28 secondes d'avance sur ses deux poursuivants. Le peloton qui a aussi accéléré a 50 secondes de retard au grand prix de la montagne. Popovych a développé 370 watts de moyenne sur l'ensemble du col, le peloton 360 watts. Le rythme est déjà soutenu pour un col de début d'étape et qui culmine à plus de 2700m.

Une échappée se constitue dans la vallée de la Maurienne. Au pied de l'enchaînement Télégraphe-Galibier, son avance est de 3min20s. La montée du Télégraphe est effectuée assez rapidement par le peloton et l'échappée. A l'avant Astarloza, attaque et passe seul en tête au sommet du col. Un groupe avec Popovych et Gusev accuse 22 secondes de retard. Astarloza vient de gravir l'ensemble du Télégraphe à une puissance moyenne de 390 watts.

A l'arrière, le Colombien Soler sort du peloton à 3,5 km du sommet. Comme dans la Colombière, personne ne prend sa roue. Il réalise le meilleur temps de la montée du Télégraphe en un peu plus de 32 minutes. Il dépasse les 400 watts de moyenne sur l'ensemble du col. Soler ne relâche pas son effort dans les premières pentes du Galibier. Il rejoint tous les échappés de la vallée à 10,5 km du sommet dans les lignes droites avant Plan Lachat. Il vient de leur reprendre 3 minutes en 11 km de montée (3,5 km dans le Télégraphe plus 7,5 km dans le Galibier).

Le festival du Colombien n'est pas terminé. Il prend définitivement la tête de la course après Plan Lachat où le peloton des favoris accuse un retard de 2'40''. Soler maintient une puissance moyenne de 400 watts jusqu'au sommet. Il ne faibli pas malgré la longueur du col. Dans le groupe des favoris, Valverde attaque trois fois et provoque la sélection. Un groupe de costauds se forme. Ils ne sont plus qu'une dizaine ensemble aux Granges du Galibier à 2300m d'altitude. Moreau a du mal à suivre. Contador attaque à son tour et part avec Evans qu'il lâchera un peu plus haut. Malgré une altitude supérieure à 2500m, il développe 415 watts pendant 12 minutes jusqu'au sommet du Galibier. Il rejoint son coéquipier Popovych mais son retard au grand prix de la montagne sur Soler est de 2'09''.

Sur l'ensemble du col du Galibier, Soler a été le plus rapide. Nous ne connaissons pas son temps exact, son passage à Valloire n'a pas été retransmis. Nous estimons son temps à 48 minutes environ. Le Colombien a probablement battu le record de Marco Pantani: 48min20s en 1998. Sur l'enchaînement Télégraphe-Galibier, là nous sommes sur: Soler fait mieux que Pantani en 1998 avec un temps de 1h25'45'' pour 35 km à 24,5 km/h. Pantani avait fait 1mim05s de plus lors de l'étape qui se terminait aux Deux Alpes. Les conditions de course était meilleures cette année sans être optimales (vent de face en haut). En 1998, il fallait affronter la pluie et le froid.

Soler à la différence de ses illustres compatriotes Herrera ou Parra est capable de rouler fort également dans les vallées. C'est un grand gabarit assez profilé sur son vélo. Entre Le Monétier les bains et Villeneuve, sur une route large en légère descente, il réussi à se maintenir seul face au vent à 50 km/h puis à 47 km/h jusqu'à Saint Chaffrey. Ses qualités de rouleur lui permettent de conserver assez d'avance pour remporter l'étape à Briançon.

Nous retiendrons de cette étape le raid magistral de Soler: 63 km en solitaire. Des capacités physiques étonnantes pour un coureur de 24 ans alors qu'il n'a qu'une seule référence chez les professionnels dans une étape de cols avant ce Tour de France: une deuxième place dans une étape de montagne du Tour de Burgos en 2006 à 21 secondes d'Iban Mayo.
Contador a montré également de grandes capacités d'accélération sur le haut du Galibier. Contrairement à Soler, ce n'est pas une surprise. Il confirme sur le Tour de France ce qu'il a fait par exemple sur Paris-Nice en début de saison. Il gagne aussi régulièrement des étapes de montagne sur des courses à étapes d'une semaine depuis 2005.

LES TEMPS ENREGISTRES ET LES PUISSANCES CALCULEES





BILAN DES ALPES :
Avec ce qu'ont montré Soler, Rasmussen et Contador, et à un degré moindre, Mayo, Evans, Valverde et Moreau, le niveau des meilleurs en montagne sur ce Tour semble être équivalent à celui de ces dernières années. Nous attendrons les Pyrénées pour tirer un bilan définitif. Nous avons besoin de données complémentaires sur des arrivées en altitude.
Parmi les favoris, Valverde a été présents tous les jours sans reproduire sa montée de Courchevel de 2005 à 450 watts. Evans n'a jamais été aussi fort dans un grand Tour. Il est loin le coureur qui avait eu une défaillance, au Tour d'Italie 2002, le maillot rose sur le dos. Klöden, Sastre, Pereiro et Leipheimer semblent avoir une condition physique à peu près équivalente à l'année dernière.

Les Français :
Les Français sont comme d'habitude assez combatifs avec beaucoup de présence dans les échappées matinales même lors des étapes de montagne. Christophe Moreau est un peu l'exception dans la mesure où il est le seul capable de suivre les meilleurs grimpeurs quand la puissance moyenne dépasse les 400 watts.
Les autres se retrouvent au second échelon de course, en réalisant tout de même de bonnes performances: Laurent Lefèvre, 5ème de l'étape du Grand-Bornand et 2ème en haut de l'Iseran devant Soler.
Christophe Le Mével, Stéphane Goubert et Thomas Voeckler ont été présents dans la bonne échappée de l'étape de Tignes mais ils ont rétrogradé sur la fin. Le Mével a fait au passage une très bonne montée du Cormet de Roselend.
Patrice Halgand et Stéphane Goubert finissent dans groupe Vinokourov à Briançon après une montée honorable du Galibier. John Gadret n'a pas pu reproduire ses performances du Tour d'Italie 2006 ou des Tours de Romandie et de Catalogne 2007.
L'année dernière, nous avions en plus de Moreau, Cyril Dessel qui pouvait dépasser les 400 watts sur certains cols.

(*)Etalon de 78 kg avec vélo Nous ne calculons pas la puissance réelle développée par les coureurs. Celle-ci dépend entre autre de la masse à élever pour vaincre la pente. Le poids des coureurs n'est pas toujours connu avec précision le jour de la mesure. Ils peuvent se déshydrater en cours d'étape et perdre quelques kilogrammes. Le nombre de bidons portés est variable. Pour toutes ces raisons, nous préférons calculer la puissance d'un « coureur étalon » de 70 kg avec un équipement de 8 kg. Cette valeur est utilisée pour faire nos comparaisons.

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