Au coeur du Tour de France


Samedi 10 juin 2006 6 10 /06 /Juin /2006 13:50
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Au coeur du Tour de France
Déjà 5 Tour de France à mon actif : 4 dans la caravane publicitaire (3 avec Champion comme distributeur [1996,97,98] et 1 comme chauffeur chez Café Grand’Mère en 2001). En 2004, j’ai vécu mon 5ème Tour coté télé chez FranceTélévisions. Les élites parisiennes branchées, ne comprennent pas pourquoi le Tour de France est une drogue, pourquoi il y a un véritable phénomène d’addiction. Une fois qu’on a fait le Tour, il est ensuite pratiquement impossible d’en voir passer un sans éprouver frustration et nostalgie. Pour tous les suiveurs qui travaillent sur l’épreuve, Le Tour est un concentré d’émotions, de voyages, de rencontres, d’anecdotes.
 
La caravane publicitaire est une formidable opportunité en matière de communication pour les marques de grande consommation. Elles vont à la rencontre de 15 millions de spectateurs venus se masser au bord des routes pour voir passer les coureurs. Il se dit, et c’est certainement vrai, que les spectateurs viennent autant pour les coureurs que pour la caravane. En effet, hormis les contre la montre (clm) et les étapes de montagnes où les coureurs sont éparpillés, le public voit passer un peloton qui défile d’un bloc et très vite, trop … Dans les faits, la caravane parcourt les routes du Tour et précède la course d’une heure. Elle est le Père Noël au moi de juillet.
 
En 1996 pour mon premier Tour, j’avais 16 ans. Nous démarrions de Hollande … le pays des cigarettes qui font rire. Original pour un départ. 96, c’est l’année où le Tour n’a pas vu le soleil avant les Alpes, c’est l’année où Indurain a connu une défaillance dans la montée des Arcs où Leblanc gagnait l’étape. Beaucoup d’entre nous ont été enrhumés par cette folle semaine !
 
> La soirée caravane
 
Premier Tour, premières découvertes ! La veille du Grand Départ, Jean Pierre Lachaud (Directeur de la Caravane et responsable logistique) nous réunissait tous ensembles pour le briefing. S’en suivait la mémorable soirée caravane. Toutes les équipes des marques partenaires et de celles qui figurent dans la caravane pub s’étaient réunies dans la salle des fêtes de cette ville qu’on appelle « Bois le Duc » (S'hertogenbostch). Dîner plutôt cordial au départ où tout le monde fait connaissance au sein des équipes : les distributeurs et distributrices, les chauffeurs, les hôtesses protocole. Dîner qui commence gentiment à dériver lorsque arrive le dessert. On entend alors les équipes chanter à tu tête leur slogan et crier plus fort que la table voisine. La soirée s’envole, la musique déchaîne les centaines de jeunes de la caravane. Une bataille d’eau s’engage même entre les tables emmène les filles dans un concours de T-shirt mouillé.
 
> Parking caravane et soirées d’allégresse
 
Le Tour est une colonie géante et itinérante. La majorité de ceux qui travaillent sur la caravane publicitaire éprouvent dès leur première semaine sur le Tour le sentiment d’être entré dans une bulle, de faire partie d’un microcosme où les contacts entre les gens sont faciles, directs. J’ai pour ma part toujours eu cette impression de bulle, loin de la réalité parisienne. De vraies vacances psychologiques ! Comme dans les émissions de télé réalité (c’est l’exemple qui illustre le mieux l’idée) la première semaine permet de rencontrer les gens, nouer des liens au sein de son équipe. Puis par la suite, on va à la rencontre des équipes des autres partenaires.
 
L’une des raisons qui nous ont poussé à allez vers les autres était que notre équipe n’avait rien pour déjeuner. C’était donc l’occasion le matin, d’aller voir Cochonou pour avoir notre saucisson quotidien, Cœur de Lion pour des échantillons de camembert qui fondaient au soleil dès 11h du mat. Pour le dessert, la caravane publicitaire accueillait une coopérative de fruits et légumes ; et nos amies de chez PMU qui avaient leur glacière repas Sodexho nous offraient gracieusement leur Yop ! Pour les boissons ? Coca biensur ! Et le goûter ? Ben & Nuts puis Haribo ! … La nourriture : le nerf de la guerre !
 
Les journées de Juillet sont réputées pour être soit caniculaires soit froides et pluvieuses. En période de grosse chaleur, il nous est arrivé de faire des batailles d’eau avec la caravane La Redoute et le PMU. C’était à l’arrivée d’une étape en vallée dans les Alpes. En période de pluie, nous retrouvions comme par magie des filles à l’intérieur de nos camionnettes. Tiens tiens, intéressées ?
 
Les étapes de montagnes sont stressantes et il est salvateur de décapsuler un peu en attendant de pouvoir lever le camp. Les parties de foot improvisées sur les parkings champêtres ne se comptent plus sur les doigts de la main …
 
Exceptées les étapes de montagne (où il nous faut attendre l’arrivée des derniers coureurs pour laisser place au convoi prioritaire des équipes cyclistes), nous ne restons jamais très longtemps à l’arrivée mais pour prolonger se sentiment d’appartenance et cet esprit de groupe, les marques partenaires organisent fréquemment des soirées ouvertes aux suiveurs du Tour : caravane publicitaire, presse, sûrement des suiveurs des équipes, organisation. PMU, Coca Cola (à l’époque) puis Aquarel, Cœur de Lion fédèrent et amusent les jeunes ouailles dans les boites au long du parcours du Tour. L’ambiance surchauffée des boites du Tour n’a pas d’égal en France ! Les filles et les garçons s’oublient sur le dancefloor au son des musiques à la mode. Ils seront tous au départ de l’étape le lendemain.

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Samedi 10 juin 2006 6 10 /06 /Juin /2006 13:30
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Au coeur du Tour de France
 
Affiche du Tour de France 2006 (Jeudi 27 octobre, Paris - Palais des Congrès, 11h00)

Un bruissement anime les escaliers et les rangées des tribunes. Certaines se revoient pour le premières fois depuis le mois de Juillet, d'autre depuis des années. C'est l'occasion de discussions entre marques partenaires, c'est l'occasion pour les journalistes d'enregistrer leurs interviews et d'échanger avec les coureurs et les directeurs sportifs. Mes pour ceux dont c'est la première fois, ils vont asssister à un show "à la française". De quoi vous scotcher dans votre fauteuil ... On se serait cru au cinéma ! C'en est presque à se demander si nous faison le même sport. Le Tour, synonyme de passion, d'engouement, de soleil, de France, de montagnes, de sprints, de défaillances. Synonyme aussi pour la presse, les partenaires, les médias dans leur globalité de spectacle et de business.
 
> La lutte contre le dopage
Patrice Clerc, Directeur Général d'ASO a mis les pieds dans le plat sans rougir ni de honte, ni de colère. Cet homme, entier et intègre, sans pointer quiconque du doigt, a réaffirmé l'implication de la Société du Tour dans la lutte contre le dopage. Il a rappelé et expliqué ensuite le conflit qui oppose les 3 grands tours à l'UCI par rapport à l'UCI Pro Tour. La position de l'UCI semble s'être durcie dès le lendemain.

Christian Prudhomme insiste sur l'espoir que représente l'avenir, ne croit pas en la fatalité et veut défendre le sport qui le fait rêver depuis tout petit. Il affirme qu'il se battra jusqu'au bout pour chasser ceux qui veulent salir le cyclisme. Patrice Clerc parle de contrôles inopinés mais comme beaucoup dans le métiers, il oublie de vulgariser son discours. Le grand public ne saura saisir la signification et l'utilité de tels contrôles tant qu'on ne lui expliquera pas les mécanismes du dopage dans ses grandes lignes. L'occasion d'un rassemblement comme la présentation du prochain Tour, étant donnée l'exposition médiatique de l'événement, aurait pu permettre à ASO d'impliquer le laboratoire de dépistage de Chatenay Malabry dans son discours de présentation.

Tentons par défaut une explication simpliste : Les
contrôles inopinés sont sensés débusquer les coureurs qui se dopent durant la saison en principe pendant des stages d'entrainements. Ils font en général ce qu'on appelle une "cure". Et les contrôles en course servent à pointer du doigt le dopage du "jour j" ou des quelques jours précédents.
 
> Un film époustouflant marqué par l'absence d'Armstrong
Dans cette immense salle du Palais des Congrès, nous avons ensuite vu le film du Tour de France 2005 (7 min) préliminaire à la révélation du parcours du Tour 2006. Des images presques inédites, un montage et une musique dynamique sont venues mettre en valeur la beauté de la photographie et de la réalisation de Jean Maurice Ooghe. Un film qui prend aux tripes et donne envie d'être à la place de ces champions.

Etonnament, les images dédiées aux exploits de Lance Armstrong étaient très peu nombreuses. C'est comme si la direction de la Société du Tour avait souhaité parler du Tour dans son ensemble et cesser de se servir de celui qui était devenu son porte drapeau médiatique depuis 7 ans. Le Tour finalement se suffit à lui-même semblent-ils dire. Nul doute que les révélations parues dans l'Equipe en aout ont du contribuer à la volonté de présenter le Tour sous un jour nouveau.
On pouvait donc voir à égale exposition l'ensemble de ceux qui ont animé l'édition 2005 : Moncoutié, duel Armstrong Ullrich dans le 1er clm, chute de Peirero, victoire de Weening, Rasmussen, Moreau, la voix si touchante de Marc Madiot mélangée aux exploits français, etc ... Des frissons ont parcouru le corps de la majorité des spectateurs du Palais des Congrès.
 
> Un parcours équilibré
Le parcours ? Dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Il débute par un "Grand Départ" dans la communauté urbaine de Strasbourg (ce qui nous a valu un discours de son président). Passage par le Luxembourg, la Belgique et les Pays Bas avant de traverer le nord de la France via Saint Quentin direction la Normandie puis la Bretagne Vitre et Lorient.
Avion jusqu'à Bordeaux (journée de repos). Les Landes direction les Pyrénées avec une arrivée en altitude à Plat de Beret. Etapes de transition à travers la Provence jusqu'à Gap pour la deuxième journée de repos. Deux arrivées en altitude dans les Alpes (Alpe d'Huez et La Toussuire) puis direction Paris avec un ultime contre la montre individuel au Creusot à la veille de l'arrivée sur les Champs Elysées (8 tours). Pour la dernière étape, l'Essone et les Hauts de Seine seront largement visités. Un Tour ouvert et très équilibrés.
 
  Parcours du Tour 2006
 
Bluffé ... J'ai été bluffé par le gigantisme de la cérémonie. Ce n'était pas "à l'américaine" mais bien une démonstration du savoir faire français en matière d'organisation d'événements, de mise en scène, de marketing. Le film du Tour 2005, le film de présentation de la ville de Strasbourg, l'infographie en 3D du parcours 2006, la nouvelle identité (affiche) du Tour 2006 (un maillot jaune tiraillé par 6 mains ressemble à l'hexagone français), la scénographie et la captation de l'événement. Beaucoup de simplicité mais surtout beaucoup de bon sens dans l'utilisation de la technologie et des moyens vidéo.

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