Au coeur du Tour de France


Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /Juil /2010 06:51
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Au coeur du Tour de France

L'avis des organisateurs du Tour

Panser les plaies

Voilà une étape plus traditionnelle, sans difficulté majeure, la première entièrement en France. Elle est très courte mais, durant les trois jours précédents, nous aurons parcouru un long chemin parsemé de difficultés. Il sera temps de panser les plaies. Si les baroudeurs vont essayer de partir dans des échappées, les équipes de sprinteurs ont intérêt à ce que le peloton arrive groupé. Le vent aurait pu jouer un rôle si cette course avait eu lieu plus tôt dans la saison, car les routes sont à découvert dans le nord de la France. Mais à cette époque de l’année, avec un final plutôt bosselé, c’est un peu moins vrai.

 

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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 20:36
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Au coeur du Tour de France
Couverture média et interviews de la 3ème étape


Les vidéos

Résumé de l'étape

Cyclisme : Le journal du Tour : 3e étape
Les événements marquants de la 3e étape, disputée entre Wanze (Belgique) et Arenberg.




Interview du vainqueur de l'étape
Thor Hushovd



Sujet magazine
Les pavés sur le Tour de France, avis de Cervélo et de Bernard Hinault.


 



Les réactions

Fabian Cancellara : « Des émotions multiples »

« C’est une étape où les émotions sont multiples. D’un côté, c’est réjouissant parce que je récupère le Maillot Jaune, et parce qu’Andy gagne du temps sur ses rivaux. C’était une grande journée, dans le sens où le travail d’équipe a été remarquablement effectué. Nous avions une opportunité de sortir le meilleur de nous-mêmes, et c’est ce que nous avons fait, mais je ne peux pas ignorer la partie négative du bilan du jour : nous avons perdu Frank. C’est une grande peine de voir un coéquipier et ami chuter et quitter le Tour. Mais tout le monde savait que ce serait dangereux aujourd’hui, et qu’il faut toujours prendre le Tour jour par jour. Nous étions prêts. Mais il n’y a rien à faire contre une chute comme celle-là. C’est le sport, c’est le cyclisme : un jour tu perds, un jour tu gagnes.
C’est particulier de reprendre le Maillot Jaune ici, à Arenberg. Maintenant, nous venons de boucler trois jours exceptionnels, il est temps de calmer le jeu et de travailler pour une arrivée au sprint. C’est ce que nous pouvons attendre des deux prochaines journées. Je pense pouvoir garder ce Maillot Jaune jusqu’aux montagnes, et là il sera temps de travailler pour Andy. »

 
Thor Hushovd : « Je connais ma force sur les pavés »

« Mon équipe a beaucoup travaillé sans être récompensée hier, mais aujourd’hui j’ai réussi à gagner l’étape et c’est une belle satisfaction. Hier, je n’étais pas d’accord avec la décision d’annuler l’attribution des points, mais ce matin je me suis dit que c’était déjà de l’histoire ancienne, et je me suis totalement reconcentré sur la course. J’ai repéré depuis longtemps cette étape, car je connais ma force sur les pavés, et je savais que j’avais des chances de m’imposer. Du coup, j’étais décidé « d’aller à la guerre » pour cette étape. Ensuite, il faut de la chance pour que cela se passe bien sur les pavés, il faut être en forme. Aujourd’hui j’avais tout.
C’est un premier pas pour le maillot vert. Je sais que pour l’instant, je suis content de ce que j’ai fait, et j’ai encore les moyens de défendre ce maillot longtemps. Mon équipe est très forte, et je me sens très rapide, donc je pense pouvoir encore gagner d’autres étapes. »

 

 

 

 

 

 

 


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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 20:04
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Au coeur du Tour de France

Il faisait beau, il faisait chaud, le pavé était sec, pas de boue, mais une immense nervosité du peloton qui s’est traduite par une vitesse moyenne record (44km/h) et … des chutes sur les pavés. La 3ème étape du Tour 2010 a fourni son quota de spectacle et pas forcément avec les résultats que les spécialistes avaient prédits. C’est le charme d’une course de vélo, c’est le charme d’une course avec des secteurs pavés, c’est tout simplement le charme du Tour de France … ce petit supplément d’âme qui fait du macadam le terrain des plus belles aventures sportives.
 
Le secteur de Sars-et-Rosières : un catalyseur explosif !
Comment aborde-t-on des secteurs pavés dans le peloton ? Le peloton roule à vive allure depuis des dizaines de kilomètres dans l’optique de tendre au maximum l’élastique, éviter que ça frotte à l’entrée des secteurs pavés. Les équipiers des prétendants à la victoire constituent une file indienne de 2 à 5/6 coureurs de leur équipe (on peut retrouver ainsi 4 files en tête du groupe) et c’est à celui qui roulera le plus vite. Les files dépassées se rabattent et se rangent dans les roues. C’est une façon pour les équipiers de remontent et protéger leurs leaders.
A l’entrée du secteur pavé, les plus forts sont devant, c’est la sélection naturelle. Et, de manière un peu métaphorique, comme à Monaco en formule 1, sauf cas de panne mécanique ou incident de course, l’ordre établi restera le même jusqu’à la sortie du secteur ; seuls vont varier les écarts.

Et lors de cette 3ème étape du Tour de France 2010, le secteur de Sars-et-Rosières a été le détonateur, une vraie poudrière (pour faire référence au déclenchement de la Guerre de 14 – 18). A la faveur de un léger virage sur la gauche avec une maison positionnée sur le flanc droit du chemin pavé, une image quasiment subliminale prise depuis la moto en tête du peloton attire mon attention : j’ai viens de voir un coureur virevolter en travers du chemin. Le duo Thierry Adam / Laurent Fignon n’en parle tout de suite, ils n’ont pas remarqué l’image. C’est un ralenti de l’hélicoptère qui les fait sursauter. On voit un coureur au maillot turquoise et jaune passer sous un autre dont le vélo part à droite et le corps s’étale et se recroqueville à gauche. C’est Frank Schleck qui vient de quitter la course. Le bilan médical annoncera 3 traits de fracture de la clavicule.

 

http://www.letour.fr/PHOTOS/TDF/2010/300/es/ET3_GAL14.JPG

 

Pertes et profits pour Andy Schleck
Le duo familial vient d’être brisé par un coup du sort. Et quel coup du sort : Je n’ai pas vu dans la presse ou à la télévision de déclaration sur les cause de la chute de Frank, j’ai la certitude que c’est la maladresse d’un Astana qui l’a fait chuter. Andy se retrouve donc orphelin de son frère pour la suite des pavés, et va vite apprendre que ce sera pour la suite du Tour. En termes de business, Andy Schleck en 2 jours de folie, est passé par pertes et profits :
-    2ème étape : impliqué dans les multiples chutes de la cote de Stockeue, il passe quelques secondes sur le bord de la route, hébété comme s’il doutait de reprendre la route. A cette occasion il perd beaucoup de temps et se retrouvé très distancé. Avec la décision de Cancellara de se relever et le boulot de Jens Voigt pour ramener les frères Schleck, il rentrera in extremis dans le peloton avant l’arrivée.
-    3ème étape : Double jeu entre la chute de Franck Schleck et les écarts qu’Andy a réalisés grâce de nouveau à l’intervention de Fabian Cancellara qui a roulé fort notamment aussi pour reprendre son maillot jaune à Chavanel. Un bon coup pour Andy et Cadel Evans

Et dans le lot, c’est Lance Armstrong le perdant …

 

http://www.letour.fr/PHOTOS/TDF/2010/300/es/ET3_GAL10.JPG

 

La chance a choisi son camp : Crevaisons pour Lance Armstrong et Sylvain Chavanel
Sur cette étape, comme dans les grandes classiques de printemps comportant des secteurs pavés (Tour des Flandres, Paris-Roubaix), la chance est un paramètre majeur sinon le paramètre principal. En effet avoir les bonnes jambes, la condition physique ne suffit pas. Il faut éviter toute sortie de fait de course parasite qui ferait perdre du temps : crevaison, saut de chaine, bris mécanique, chute …

Hélas, Lance Armstrong avait beau préparer consciencieusement cette étape ; hélas, Chavanel avait beau arborer fièrement son maillot jaune et revendiquer des qualités de spécialiste de classiques ; le destin en a décidé autrement. Les forçats du pavé en ont bavé. 1 crevaison pour Armstrong, Brajkovic lui a donné sa roue avant et Popovitch alors en tête de son paquet s’est relevé pour l’attendre. 2 crevaisons et une gène liée à la chute de Schleck pour Chavanel qui finira les jambes lourdes, attardé au point de perdre son maillot de rétrograder dans le top ten du classement.

On voyait qu’Armstrong était un peu gauche sur les pavés, manquant un peu de puissance, dodelinant de la tête et des épaules. Sur l’ensemble des secteurs, il n’a cessé de chercher son chemin entre le haut du pavé et les accotements en terre et poussière. C’est surement ce qui aura causé sa crevaison ! Et c’est là que le roule du coéquipier intervient : primo donner sa roue (c’est Brajkovic qui s’y est collé), deuxio rouler pour limiter les écarts et éventuellement revenir sur des groupes devant qui seraient « rattrapables » (c’est Yaroslav Popovitch qui s’y est collé). Au bout du compte Popo’ a fatigué et Armstrong l’a déposé ! Il est rentré tout seul sur un petit groupe qui les devançait mais a du accuser à l’arrivée un débours de plus de 2 minutes.

Armstrong reconnaissait sur son twitter que la roue tourne : « Well, that's the way the ball bounces. Bad luck indeed. Keep my head up and move on »

Hushovd le plus rapide
Le plus rapide de tous à l’arrivée de l’étape était un habitué des pavés. Régulièrement bien classé dans les classiques printemps, le champion de Norvège étaient le plus puissant du groupe d’Andy Schleck. Cancellara n’a pu lui contester la victoire car c’est lui qui a fourni l’essentiel de l’effort de guerre pour créer l’écart de temps suffisant pour reconquérir le maillot jaune.


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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 06:05
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Au coeur du Tour de France

L'avis des organisateurs du Tour

L'étape qui fait peur

Nous avions décidé que le jour où nous reviendrions dans le Nord, il y aurait des pavés au menu. Mais, à la différence de 2004, quatre gros secteurs figurent dans les trente derniers kilomètres pour qu’il y ait moins de gros écarts et, en même temps, un final plus nerveux. Au total, il y a 13,2 kilomètres de pavés. Certains coureurs les passent mal, il peut y avoir des crevaisons, des chutes, ... L’étape fait peur à tout le monde et les favoris du Tour peuvent y perdre des minutes précieuses. Cette « vraie classique » peut être favorable à un Armstrong ou à un Evans. Et puis il y a des équipes qui n’ont a priori pas de rôle à jouer au classement général, comme la Quick Step, qui ont intérêt à mettre une belle pagaille.

 

Il y aura dans cette 3e étape Wanze-Arenberg Porte du Hainaut, 7 secteurs pavés d’un total de 13,150 km répartis ainsi :

    * 3 secteurs d’un total de 2,250 km en Belgique,
    * 4 secteurs d’un total de 10,900 km en France.

Les cinq dernières fois oû les pavés figuraient au programme du Tour, le kilométrage était le suivant : 1982 : 16,9 km - 1983 : 28,4 km - 1985 : 10,5 km - 1989 : 8,5 km - 2004 : 3,9 km.

 

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Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /Juil /2010 20:53
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Au coeur du Tour de France

Victoire de Chavanel et maillot jaune potentiellement jusque dans les Alpes, des chutes comme s’il en pleuvait, un peloton d’abord désorganisé et éparpillé, des vélos cassés, Le Mevel qui roule avec le vélo de Vaugrenard,  Jens Voigt qui se relève pour attendre et ramener les frères Schleck, puis le peloton entier qui se relève pour attendre le groupe Armstrong / Contador et le groupe Schleck : Cette 2ème étape du Tour de France un truc de fou !

Décryptage …

Un choix cornélien

Le vélo est un sport individuel qui se pratique en équipe. Le vélo est un sport d’arrangements et de compromis aussi. Sans le dévouement de son équipier Jens Voigt ajouté à la résignation de Fabian Cancellara pour laisser s’échapper son maillot jaune, les frères Schleck ne seraient jamais revenus dans le peloton. Ils ont accusé plus de 5min de retard. Au final ils étaient dans le paquet à l’arrivée. Bjarn Riis a du faire un choix : un maillot jaune assuré pour maintenant et demain / ou un maillot jaune hypothétique pour « après-après-demain ». Et le choix était vite fait : La Saxo Bank aura peut etre tout perdu sur cette 2ème étape en faisant le mauvais choix.

Le job d’équipier

Drole de situation que de voir Christophe Le Mevel annoncé comme la meilleure chance française pour le général du Tour 2010 rouler en danseuse ou assis sur le cadre avec une tige de selle de près de 30 cm. Benoit Vaugrenard s’était dévoué en lui offrant son vélo afin qu’il perde le moins de temps possible lors de la chute collective dans la descente du Col de Stockeue.
C’est la drole de saveur de ce sport ou les équipiers doivent se dévouer corps et ames pour leur leader désigné quite à perdre un temps immense et toute chance de figurer au général. « Donner sa roue », « donner son vélo », « faire le porteur d’eau », « abriter son leader » … Telles sont les prérogatives des équipiers, ouvriers de l’ombre.

Influences et irrationnel

Après être sorti le premier de la descente piégeuse, quelques coureurs s’agrègent autour de Cancellara et au bout de quelques km, le maillot jaune fait signe qu’on « coupe l’effort ». Il a reçu l’ordre de permettre aux groupes attardés de rentrer sur eux. Le jeu des oreillettes et les discussions entre directeurs sportifs produisent ce genre de situation où après un moment de flottement (les coureurs apprennent un fait de course mais que personne ne sait rien concrètement), une action est explicitement visible à l’écran. Là pour l’occasion c’est la trêve du peloton. De la même manière à 2 km de l’arrivée, Cancellara descend à l’arrière du peloton au niveau de la voiture du directeur de la course et palabre avec Jean François Pescheux. On apprendra après la course qu’il lui avait imposé que le peloton ne ferait pas le sprint. C’est donc un peloton massif et passif qui a franchi la ligne d’arrivée à Spa hier.

Et Chavanel dans tout ça ?

Jalabert avait senti le coup, il voyait Chava fringant et frais. Cette région et cette étape étaient un contexte très particulier pour le coureur français de la Quikstep par rapport au souvenir de sa terrible chute lors de Liège Bastogne Liège avec multiples blessures dont fracture du crane et de la pommette. Les conditions de course ont permis de transformer le panache du français en exploit désormais mémorable. Nous retiendrons les faits et la manière. Chavanel a franchi la ligne avec émotion. Le journal L’Equipe aujourd’hui relate qu’il a fait pleurer son père. Et Chavanel portera le maillot jaune nous l’espérons pour une bonne semaine !


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