
L'Espagnol Carlos Pereiro, deuxième du Tour de France 2006, doit justifier son usage de salbutamol, un médicament destiné au traitement de l'asthme, mais interdit en et hors compétition
Après l'Américain Floyd Landis, c'est au tour de l'Espagnol Carlos Pereiro d'être l'objet de soupçons de dopage lors de la Grande Boucle 2006, épreuve dont le crédit est désormais largement entamé.
A deux reprises lors d'étapes alpestres, Pereiro a été contrôlé positif au salbutamol, un médicament destiné au traitement de l'asthme, mais interdit en et hors compétition.
"Autorisation à usage thérapeutique"
Cette information, fournie jeudi par le journal Le Monde sur son site Inernet, a été confirmée par Pierre Bordry, le président de l'Association française de lutte contre le dopage. Bordry a expliqué que le coureur de l'équipe Caisse d'Epargne a été déclaré positif à deux reprises: le 17 juillet, lors de la 14e étape Montélimar-Gap, et le 19 juillet, à l'issue de la 16e étape entre Le Bourg-d'Oisans et La Toussuire.
"A chaque reprise, il (Pereiro) a indiqué sur le procès-verbal du contrôle antidopage qu'il bénéficiait d'une autorisation à usage thérapeutique (AUT), a précisé Bordry. Il n'y a donc pas de raison de le sanctionner. A priori." C'est pour cette raison que l'Union cycliste internationale (UCI), qui avait autorisé l'AUT réclamée par le coureur, a décidé de classer le dossier.
Le problème vient du fait que l'AFLD estime qu'à ce jour, l'AUT délivrée au coureur ne possède pas de justification médicale. "Je lui demande de nous fournir les éléments médicaux qui expliqueront cette prise de salbutamol. Nous devons donc nous assurer que M. Pereiro souffre bien de la pathologie déclarée et que les doses de produits interdits retrouvées correspondent aux traitements recommandés dans son cas", a dit Bordry.
Selon Le Monde, l'AFLD a adressé depuis septembre 2006 trois courriers, en recommandé avec accusé de réception, au coureur espagnol mais celui-ci n'y a pas répondu pour l'instant. "Il a jusqu'au 25 janvier pour s'expliquer", a lancé Bordry. A cette date le collège de l'AFLD étudiera le cas de Pereiro et pourrait prendre la décision d'ouvrir une procédure disciplinaire.
Eventuelle culpabilité
Cette procédure pourrait aboutir à l'interdiction de Pereiro de participer au prochain Tour de France et à la suppression de sa deuxième place. "Si nous n'avons rien à cette date, il (Pereiro) sera, en effet, convoqué dans les 15 jours suivants, a poursuivi Bordry. Nous ouvrirons une instruction afin qu'il y ait un débat contradictoire. Et nous statuerons sur une éventuelle culpabilité."
Pour l'instant, les organisateurs du Tour de France restent prudents et préfèrent attendre de voir quelles suites cette affaire peut prendre. "On attend que le cas Pereiro soit examiné par l'AFLD le 25 janvier pour faire quoi que ce soit," a déclaré un porte-parole de l'organisation.
Cette annonce jette une nouvelle ombre sur la Grande Boucle 2006 après le contrôle positif de l'Américain Floyd Landis, arrivé en jaune sur les Champs-Elysées. Landis avait été déclaré positif à la testostérone et il avait été officiellement accusé de dopage par l'agence antidopage américaine. A plusieurs reprises, l'Américain, qui a succédé sur le podium à son compatriote Lance Armstrong, a démenti avoir fait usage de substances prohibées.
Pour l'instant, aucun vainqueur du Tour 2006 n'a été proclamé. La désignation du lauréat est pendante à la fin de la procédure engagée dans le cas Landis. Les révélations concernant Pereiro pourraient compliquer un peu plus cette désignation. L'Allemand Andreas Klöden a terminé troisième à Paris en juillet dernier.
/ LEXPRESS.fr avec Reuters
"Je n'ai jamais pris de testostérone, j'aurais été stupide car c'est impossible de s'en sortir (en cas de contrôle). A vrai dire je suis plus accusé de bêtise que de dopage", assure-t-il, regrettant que pour le reste de ses jours il sera "assimilé au plus grand scandale de dopage de l'histoire du Tour de France". "Mon nom restera souillé à jamais, même si je devais être innocenté ", dit-il, jugeant plus loin que le système actuel ne donne aucun droit aux coureurs.
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