Partager l'article ! Ma première course cyclosportive : La Ronde Picarde 2004: Ma première cyclo, ma première course après environ 3000 km d’en ...
Ma première cyclo, ma première course après environ 3000 km d’entraînement. Je m’étais classé 303ème de la « Master » (189,5 km), exténué, brisé par un effort que je n’avais jamais connu ni commis auparavant. Jamais à l’entraînement je n’avais dépassé 120 km. Emu en parcourant les derniers kilomètres et de relever ce défi que je m’étais fixé. Emu d’avoir été puiser jusqu’au fond de moi des ressources pour tenir, avancer, finir.
Tout a démarré l’année dernière, lorsque je me suis mis au vélo au retour des beaux jours. Quelques kilomètres d’entraînement, en peloton à Longchamp ou seul dans les Yvelines. C’est en travaillant sur le Vélo Club (l’émission de FranceTélévisions) sur le Tour 2004 que j’ai rencontré Denis Schmitt, un des meilleurs amateurs élite des années 80. Il avait raccroché quelques années avant de reprendre le vélo en septembre pour participer comme moi à la Ronde Picarde 2004.
> Rouler oui ... mais à quelle allure ?
A vrai dire, au départ je ne savais pas si j’allais avoir le niveau pour faire les 190 bornes ou me replier sur la boucle de 130 (parcours commun sur 110 km). Mais en roulant, en gravissant les monts de Picardie, en traversant la Baie de Somme, le long de la mer (paysage grandiose), les jambes tournaient. Je me nourrissait consciencieusement (1 barre et 15 cl de boisson par demi heure). Je participais même au relais d'un peloton fourni et roulant souvent entre 35 et 40 km/h. Jean François m'avait pourtant conseillé de rester dans les roues, à l'abri. Mais que voulez-vous, par manque d'expérience, je ne savais pas toujours bien me replacer dans les roues, et me retrouvait souvent dans le vents. Au ravitaillement (km. 90) auquel je me suis arrêté le temps de faire redescendre le cœur et de remplir le bidon, je me suis décidé pour la grande. Mais en m’arrêtant j’avais laissé s’échapper le gros peloton dans lequel je venais de rouler 2 heures.
> km 110, 20 minutes de fringale
Repartir vent de face avec 4 coureurs n’était pas une mince affaire. D’autant que j’allais connaître sur 10 km un grand moment de solitude et de fatigue après avoir basculé sur le tracé de la « Master », gardant à vue deux anglais que je semblais incapable de rattraper. J’ai finalement parcouru les 70 derniers kilomètres à l’énergie en constituant avec eux un groupe d’une douzaine d’unités. J’avais la sensation de grimper mieux les bosses que mes compagnons de cordée.
> Décoller à 10 km de l'arrivée
Alors à 10 km de l’arrivée, montant à mon rythme ce qui allait être la dernière bosse sélective, je me suis échappé pour finir seul, 299 ème en 06:12:26. 26ème des jeunes.
Un moment de fierté. Un des accomplissements personnels les plus importants de ma vie. Durant les deux dernières heures de course j'avais du fond de la poitrine montaient des sanglots que j'avais du mal à contenir. Un mélange de fierté d'avoir su relever le défi après être parti à l'aventure de soi-même, dans l'inconnue la plus totale; et de fatigue, d'épuisement même. Pour un coureur débutant, une épreuve d'endurance comme cette cyclosportive se paie cher. Physiquement méconnaissable après la course, j'avais perdu 2 kg par rapport à un poids qui était déjà un poids de forme. Il fallait désormais se reconstituer et manger "gras", protéiné et beaucoup boire.
Denis, venant de reprendre le vélo depuis 3 semaines, avait « fait le départ » avec et Jean François Guiborel dans le groupe de tête puis s’était relevé au bout d’une heure pour attendre et accompagner Henri Sannier et son fils Antoine, pensionnaires du Club d’Eaucourt sur Somme. Julien Guiborel (en 2004, coureur de l’équipe Crédit Agricole Espoir – actuellement (2005) au team Lapierre de Dijon) avait gagné l’épreuve avec maestria à près de 38 de moyenne.
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