Jeudi 8 juin 2006 4 08 /06 /2006 11:28
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : C'est mon aventure
> Pourquoi rouler à l’Hippodrome de Longchamp ?
 
D’abord, c’est la possibilité pour les parisiens et franciliens de s’entraîner sans prendre sa voiture. Donc en semaine à la sortie du bureau. C’est la possibilité en moins de 2h de produire un effort intense que ce soit pour les muscles et pour le cœur. Les dépenses caloriques pour ce type d’effort oscillent entre 700 (env. 1h) et 1400 kcal (2h) en ce qui me concerne. (Pour info, un homme a besoin de 2400 kcal par jour). En 2h, votre organisme peut dépenser jusqu’à la moitié de ce que vous lui donnez pour la journée. Voilà une bonne solution pour maigrir et s’affiner.
 
> Quel type d’effort produire ?
 
Vous voulez rouler en solitaire ? Très bien. Vous vous rendrez compte, à moins de tenir un rythme constant de 40 de moyenne que certains pelotons vous doubleront à vive allure … Longchamp se prête à ce genre d’entraînement spécifique mais c’est avant tout un endroit où vous venez pour rouler en peloton, pour faire « du fractionné ».
 
On trouvera toujours une roue pour s’abriter à Longchamp. Vous chercher un entraînement spécifique et musclé, vous voulez progresser en roulant avec les meilleurs, c’est le mardi et le jeudi en fin d’après midi que vous croiserez le peloton des coureurs les plus rapides. Vous voulez rouler à mois de 30, possible aussi. C’est comme ça que j’ai débuté en 2004. Tourner les jambes sur les 3,6 km du circuit avec le petit plateau (39 dents) pour échauffer les gambettes et le cœur. Puis une fois échauffé, vous aurez certainement envie de hausser le rythme. Il se forme souvent des groupes qui roulent à 33-34 k/h. C’est la 2ème étape. La 3ème étape sera d’intégrer un peloton qui roulera entre 38 et 42 km/h en moyenne. Là ça se corse.
 
> Comment rouler dans un peloton à Longchamp ?
 
A mesure que la saison avance, la forme vient. Le temps de plus en plus favorable (moins de vent, températures douces, soleil) rend la débauche d’énergie plus efficace. Moins d’énergie dépensée pour lutter contre le vent, davantage pour emmener le peloton à vive allure.
 
Avril, Mai, … Les sorties à Longchamp dans le peloton des furieux se font de plus en plus rapides. A peine arrive-t-on sur « l’anneau de vitesse », l’anneau de vérité, que les motrices du « PGV » (le Peloton à Grande Vitesse) nous doublent. N’aimant pas me retrouver coincé entre le trottoir et les coureurs, je me débrouille toujours pour rentrer dedans par sa gauche. Pour intégrer le groupe, il faut parfois se donner un sérieux coup de pied au cul tant le différentiel de vitesse est important !
 
Pour ne pas avoir à faire des relances trop violentes, il faut généralement se positionner dans les 15 premiers. Mais dans cette position-là, il devient inévitable de devoir prendre un relais à un moment donné. Tenez, il m’est arrivé dans la semaine précédant ma première course de la saison (la Chevreuse en Yvelines 2005) d’avoir à boucher en sprintant une cassure qui s’était faite au niveau du moulin. En ramenant derrière moi une bonne centaine de coureurs à 55 dans le faux plat (long de 850 m), j’ai fait monter le coeur à 187 pulsations/minutes.
 
3 semaines après, au même endroit, nous tentions de revenir à 4-5 sur le groupe qui nous avait fait faux bond lors d’un regroupement avec un peloton plus lent. Prenant un relais à 46 même dans le faux plat, après avoir bouché un trou de 200-250 mètres j’ai mémoire d’avoir dû m’arrêter à 5 mètres de rentrer dans les roues (c’est très rageant), les pulsations à 189. Presque un réflexe du corps qui « dit stop ». A 2 pulsations près, tout allait bien, je sentais bien que j’étais à la limite mais j’espérais pouvoir y rester plus longtemps mais pour cela il aurait fallu pouvoir produire sur la fin un effort décroissant.
 
> Des exercices spécifiques ?
 
Ne m’en demandez pas trop ! Moi aussi je suis en train d’apprendre le vélo … Je vous parlerai tout de même de deux anecdotes évocatrices :
 
La première, c’était lorsque deux de mes coéquipiers du CSM Puteaux remontaient le long d’un peloton qui roulait entre 34 et 36 mais sans vouloir s’abriter dans les roues. Je me suis alors extrait de ce groupe pour aller rouler avec les deux du CSM. Pour un entraînement assez dur : braquet 52 x 19 à 38 km/h pendant 3 tours en se relayant tous les 300 mètres. Au bout d’un tour et demi étant donné qu’on est peu protégé du vent et que les relais reviennent vite, ont commence à sentir l’acide lactique dans les jambes, les fesses et les isquio-jambiers. Au bout de 2 tours, j’avais envie de me relever mais l’un des 2 m’a dit : « Non ! Reste ! C’est maintenant que c’est bon ! » (Entendez par là que c’est bon pour l’entraînement)
 
La seconde, c’était à la faveur d’un entraînement de près de 2h dans les roues du peloton des furieux. Jean François Guiborel (CSM Puteaux), un de ces anciens pistards qui à la classe même à 50 ballets, roulait avec nous. Je faisais attention à me repositionner souvent dans sa roue ou à vue pour m’exercer avec la même intensité d’effort. Au bout d’une bonne heure, il me glisse : « Allez Ju ! Maintenant il faut que tu fasses de l’effort ! Lance toi dans les coups ! Fais du spécifique ! » Cela correspondait à un moment ou le peloton se désorganisait, que personne ne voulait rouler devant et que les coureurs voulaient rouler pour leur pomme. Des coups partaient donc par l’avant par paquets de 5. Et derrière, les coureurs roulaient pour rester dans les roues et de fait préserver la cohésion de ce qu’il restait du peloton. J’ai eu la chance de pouvoir faire partie pendant une demi heure de ces coureurs qui animaient la tête du groupe, puis se remettaient de manière cyclique dans les roues pour s’accrocher et souffler un peu. Un travail qui portera ses fruits pour les relances en course.
 
 
 

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Commentaires

Merci beaucoup pour cet article, pour un parisien débutant, en effet Longchamp est pratique mais dur aussi. 
Pour le moment j'ai encore le coeur à fond à 30 de moyenne.  Je suis donc heureux de voir que je ne suis pas anormal car je commençais un peu à douter à force de me faire doubler!
Didier
Commentaire n°1 posté par Didier le 07/11/2007 à 00h22
salut didier
tu as totalement raison !

ne te remets pas en question tout de suite.
normalement en avril, à force d'un entrainement régulier, tu auras augmenté ta vitesse moyenne, tu encaisseras le rythme élevé du peloton.

en ce moment nous sommes hors saison, les amateurs élite et les pros ne reprondront la selle que mi ou fin novembre.

en revanche pour être bien en mars avril, il te faudra faire entre 600 et 800 km par mois.
Si tu peux faire 7000 km dans la saison, tu rouleras comme un avion, je te l'assure.

C'est ce que j'ai fait en 2005, j'avais la possibilité d'aller rouler tous les 2 ou 3 jours. Rythme et endurance avec des sorties variées entre Longchamp et les Yvelines.

Cet automne et cet hiver, utilise au maximum le petit plateau sur le plat, pour muscler le coeur, et le grand plateau assis quand tu te fais des cotes pour travailler la musculation.
Réponse de Julien HOLTZ le 12/11/2007 à 11h59
Bonjour, 

sympa ce petit article !
Je passe de temps en temps à l'hippodrome de Longchamp, même si je suis limité par les cours, et par le fait que je dois d'abord faire 10km pour y arriver.
C'est vrai que le coeur en prend un bon coup au début.
Lorsqu'on joint un peloton, on a l'impression que tout va bien, qu'on roule assez vite en fin de compte ...
Mais cet après-midi, alors que j'étais derrière la roue de 3 personnes, ces 3 personnes justement s'en vont en même temps, m'obligeant à être en tête.
Et c'est bien à ce moment qu'on voit si on tient le coup. J'ai flanché au bout de 2 minutes, et même pas pu me remettre derrière les 4-5 personnes qui nous suivaient ^^

Bref, comme tout débutant, il faut rester humble.

En tout cas, ces 4-5 sorties à l'hippodrome me donnent envie de continuer ! À conseiller. 

Nicolas. 
Commentaire n°2 posté par Nico06 le 13/05/2008 à 17h32
Bonjour à tous,

Je cours souvent autour de l'hippodrome et sincèrement je vous admire car les conditions sont loin d'être idéales tout le temps (pluies torrentielles ces derniers jours, vent, automobilistes qui prennent la piste pour une route, piétons imprudents, etc, etc,...)
J'ai une question à vous poser :

Est-ce quelqu'un connait la longureur exacte de la piste ?

A bientôt autour de Longchamp

Eric 
Commentaire n°3 posté par Eric le 21/06/2009 à 21h05
Bonjour, à priori entre 3500 et 3700 mètres, suivant si on prend la corde ou non ;)
Commentaire n°4 posté par Lolo le 30/06/2009 à 11h15
Merci de l'info.

Et bon courage à tous, car en ce moment, on a des températures dignes de certains tours de France !

Eric
Commentaire n°5 posté par Eric le 01/07/2009 à 08h26

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