> Pourquoi rouler à l’Hippodrome de Longchamp ?
D’abord, c’est la possibilité pour les parisiens et franciliens de s’entraîner sans prendre sa voiture. Donc en semaine à la sortie du bureau. C’est la possibilité en moins de 2h de produire un effort intense que ce soit pour les muscles et pour le cœur. Les dépenses caloriques pour ce type d’effort oscillent entre 700 (env. 1h) et 1400 kcal (2h) en ce qui me concerne. (Pour info, un homme a besoin de 2400 kcal par jour). En 2h, votre organisme peut dépenser jusqu’à la moitié de ce que vous lui donnez pour la journée. Voilà une bonne solution pour maigrir et s’affiner.
> Quel type d’effort produire ?
Vous voulez rouler en solitaire ? Très bien. Vous vous rendrez compte, à moins de tenir un rythme constant de 40 de moyenne que certains pelotons vous doubleront à vive allure … Longchamp se prête à ce genre d’entraînement spécifique mais c’est avant tout un endroit où vous venez pour rouler en peloton, pour faire « du fractionné ».
On trouvera toujours une roue pour s’abriter à Longchamp. Vous chercher un entraînement spécifique et musclé, vous voulez progresser en roulant avec les meilleurs, c’est le mardi et le jeudi en fin d’après midi que vous croiserez le peloton des coureurs les plus rapides. Vous voulez rouler à mois de 30, possible aussi. C’est comme ça que j’ai débuté en 2004. Tourner les jambes sur les 3,6 km du circuit avec le petit plateau (39 dents) pour échauffer les gambettes et le cœur. Puis une fois échauffé, vous aurez certainement envie de hausser le rythme. Il se forme souvent des groupes qui roulent à 33-34 k/h. C’est la 2ème étape. La 3ème étape sera d’intégrer un peloton qui roulera entre 38 et 42 km/h en moyenne. Là ça se corse.
> Comment rouler dans un peloton à Longchamp ?
A mesure que la saison avance, la forme vient. Le temps de plus en plus favorable (moins de vent, températures douces, soleil) rend la débauche d’énergie plus efficace. Moins d’énergie dépensée pour lutter contre le vent, davantage pour emmener le peloton à vive allure.
Avril, Mai, … Les sorties à Longchamp dans le peloton des furieux se font de plus en plus rapides. A peine arrive-t-on sur « l’anneau de vitesse », l’anneau de vérité, que les motrices du « PGV » (le Peloton à Grande Vitesse) nous doublent. N’aimant pas me retrouver coincé entre le trottoir et les coureurs, je me débrouille toujours pour rentrer dedans par sa gauche. Pour intégrer le groupe, il faut parfois se donner un sérieux coup de pied au cul tant le différentiel de vitesse est important !
Pour ne pas avoir à faire des relances trop violentes, il faut généralement se positionner dans les 15 premiers. Mais dans cette position-là, il devient inévitable de devoir prendre un relais à un moment donné. Tenez, il m’est arrivé dans la semaine précédant ma première course de la saison (la Chevreuse en Yvelines 2005) d’avoir à boucher en sprintant une cassure qui s’était faite au niveau du moulin. En ramenant derrière moi une bonne centaine de coureurs à 55 dans le faux plat (long de 850 m), j’ai fait monter le coeur à 187 pulsations/minutes.
3 semaines après, au même endroit, nous tentions de revenir à 4-5 sur le groupe qui nous avait fait faux bond lors d’un regroupement avec un peloton plus lent. Prenant un relais à 46 même dans le faux plat, après avoir bouché un trou de 200-250 mètres j’ai mémoire d’avoir dû m’arrêter à 5 mètres de rentrer dans les roues (c’est très rageant), les pulsations à 189. Presque un réflexe du corps qui « dit stop ». A 2 pulsations près, tout allait bien, je sentais bien que j’étais à la limite mais j’espérais pouvoir y rester plus longtemps mais pour cela il aurait fallu pouvoir produire sur la fin un effort décroissant.
> Des exercices spécifiques ?
Ne m’en demandez pas trop ! Moi aussi je suis en train d’apprendre le vélo … Je vous parlerai tout de même de deux anecdotes évocatrices :
La première, c’était lorsque deux de mes coéquipiers du CSM Puteaux remontaient le long d’un peloton qui roulait entre 34 et 36 mais sans vouloir s’abriter dans les roues. Je me suis alors extrait de ce groupe pour aller rouler avec les deux du CSM. Pour un entraînement assez dur : braquet 52 x 19 à 38 km/h pendant 3 tours en se relayant tous les 300 mètres. Au bout d’un tour et demi étant donné qu’on est peu protégé du vent et que les relais reviennent vite, ont commence à sentir l’acide lactique dans les jambes, les fesses et les isquio-jambiers. Au bout de 2 tours, j’avais envie de me relever mais l’un des 2 m’a dit : « Non ! Reste ! C’est maintenant que c’est bon ! » (Entendez par là que c’est bon pour l’entraînement)
La seconde, c’était à la faveur d’un entraînement de près de 2h dans les roues du peloton des furieux. Jean François Guiborel (CSM Puteaux), un de ces anciens pistards qui à la classe même à 50 ballets, roulait avec nous. Je faisais attention à me repositionner souvent dans sa roue ou à vue pour m’exercer avec la même intensité d’effort. Au bout d’une bonne heure, il me glisse : « Allez Ju ! Maintenant il faut que tu fasses de l’effort ! Lance toi dans les coups ! Fais du spécifique ! » Cela correspondait à un moment ou le peloton se désorganisait, que personne ne voulait rouler devant et que les coureurs voulaient rouler pour leur pomme. Des coups partaient donc par l’avant par paquets de 5. Et derrière, les coureurs roulaient pour rester dans les roues et de fait préserver la cohésion de ce qu’il restait du peloton. J’ai eu la chance de pouvoir faire partie pendant une demi heure de ces coureurs qui animaient la tête du groupe, puis se remettaient de manière cyclique dans les roues pour s’accrocher et souffler un peu. Un travail qui portera ses fruits pour les relances en course.
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