Dimanche 11 juin 2006
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18:47
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Par Julien HOLTZ
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Publié dans : Sécurité routière
Qu'on le veuille ou non, les usagers de la route sont pluriels : routiers avec leur 44 tonnes, adolescents avec leur scooter, collégiens à vélo, cadre pressé en voiture de fonction, mère de famille stressée par ses enfants à l'arrière, livreurs de pizza en mob, coursiers à fond avec leur scooter et la clope au bec ... Les cyclistes s'insérent par défaut dans ce trafic divers et s'efforcent de chercher les routes de campagnes les moins fréquentées pour vite s'évader de cette réalité morose et polluée. Mais ces moments où l'on se fait doubler, ces moments où l'on doit changer de direction sont des sources de stress et d'insécurité que nous pourrions si facilement éviter.
> Un cycliste : usager de la route sans carrosserie ...
Les cyclistes ne sont ni ne sentent les "rois de la route". Automobilistes à leurs heures aussi, les coureurs cyclistes comprennent évidemment qu'un cycliste à 40 sur le plat ou 20 dans une montée soit une source de geine pour le trafic routier. Mais de là à forcer le passage ou doubler imprudemment ... il y a une grande différence. Au moins une fois par sortie d'entrainement (
ce n'est qu'une fois sur les centaines de voitures que l'on croise mais il en suffit d'une pour ... mourir), il arrive à un cycliste de
sentir le souffle d'une voiture qui vient de lui froler le corps. Sensation désagréable d'autant que les routes sont larges et laissent la place pour doubler avec de la marge. Alors les insultes volent, l'automobiliste ne comprend pas et fait preuve de mauvaise foi.
Tenez, sur le Pont de Suresnes, dans la direction Suresnes - Paris, le macadam est tellement usé qu'il laisse d'énormes nids de poules, des pavés affleurants, et de jolis trous que nous ne pouvons qu'éviter en roulant à 2 mètres du trottoir. C'est parfois à cause du vent qui peut souffler de travers, ou encore à cause des voitures ou poids lourds qui peuvent nous deventer qu'il nous arrive de faire des écarts. C'est pourquoi c'est un acte de prudence de
doubler les cycliste en laissant 1 mètre entre votre véhicule et vous. Parfois, il arrive même aux automobilistes et motocyclistes de doubler pour se rabattre devant nous et tourner à 5 mètres. Une queue de poisson dans les règles de l'art ;-)
La route se partage. La plupart des cyclistes le savent et se disciplinent à rouler le plus à droite possible sur la chaussée. Mais parfois c'est impossible.
> Les pistes cyclables : une aberration pour les coureurs cyclistes
Rouler à 40 en vélo (le couteau entre les dents) dans un
couloir protégé par un trottoir (souvent baties sur le même modèle que les voies de bus dans Paris, ex : Bd de Grenelle) est
très dangereux. Si les vélos de course freinent très bien, la proximité des voitures garées et le peu d'espace de dégagement sont malgré tout des facteurs agravant le risque. L'illustration est frappante dans les alentours de Versailles (Saint Cyr, Vaucresson, Bailly, Ville d'Avray) où
la piste cyclable est aménagée sur un trottoir. Rouler sur ces trottoirs à double sens est une aberration pour un coureur cycliste. Imaginez, c'est comme si on demandait à un automobiliste de rouler à 130 sur une voie qui fait un peu plus que la largeur de sa voiture, avec de surcroit des rebords et des obstables à passer à pleine vitesse.
Autre exemple, la voie cyclable qui part de Saint Cloud en direction de Garches, Vaucresson puis St Nom la Bretêche : d'à peine 1 mètre de large, elle est
délimitée par des rivets longilignes vissés au sol. De véritables pièges pour les coureurs et surtout des sources de
casse matérielle pour leur machine. Les vélos de course sont des machines réactives, racées, précises qui ne tolèrent souvent pas la moindre secousse dans la fourche sous peine de casser un rayon, de voiler la roue. Et par définition, si ces voies ou couloirs sont protégés, c'est donc pour qu'aucune voiture, ni laveuse de voirie n'y passe. Ces voies qui ne sont jamais nettoyées que par l'eau de pluie,
parsemées de débris, de déchets en tout genre, sont les endroits où les coureurs crèvent le plus. Comprenez donc que les coureurs rechignent franchement à rouler dans ces couloirs dits "protégés" et malgré leur présence sur la chaussée, préfèrent mordre sur la route.
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