Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /Juil /2007 18:45
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Au coeur du Tour de France

Le vent tourne pour Casar


Parmi les quatre échappés du jour, Sandy Casar partait avec un handicap après une chute causée par un chien en début d’étape. Avec les préretraités Axel Merckx et Michael Boogerd, mais aussi Laurent Lefèvre, le groupe n’a jamais été inquiété par le retour du peloton, qui a laissé l’écart grandir jusqu’à 17’30’’. Dans le final, c’est une attaque en deux temps qui a permis à Casar de remporter sa première victoire d’étape sur le Tour de France. Le Français tient sa revanche sur l’étape de Marseille où il avait été devancé de 7 cm par Cédric Vasseur.

 

Collision avec un chien !
Le rythme particulièrement rapide du début de course anéantit toute tentative d’échappée dans les premiers kilomètres. Pineau (BTL), Casar (FDJ) et Willems (LIQ), sortent du peloton au km 14, mais ont tout juste le temps de passer au sommet de la côte de Salvezou avant d’être repris. Un quatuor se forme dans la foulée avec Casar et Willems, accompagné cette fois-ci de Lefèvre (BTL), puis Boogerd (RAB). Si le peloton accepte rapidement son départ, sa progression est perturbée par une collision avec un chien, qui met à terre Willems et Casar au km 27. Seul Casar parvient à rejoindre la tête de course, en compagnie de Merckx (TMO), sorti entre temps en contre attaque.

Euskaltel en action
Le quatuor de tête progresse rapidement : au km 60, son avantage sur le peloton monte à 10’40’’, puis atteint un maximum de 17’30 au km 152. A quarante kilomètres de l’arrivée, les équipiers de la formation Euskaltel se mettent en action pour protéger la position de leurs leaders au classement général, Haimar Zubeldia et Mikel Astarloza. A 25 km de l’arrivée, ils rétablissent en partie la situation, en pointant avec un retard de 12’05’’.

Finesse et opportunisme
L’entente est parfaite entre Merckx, Boogerd, Lefèvre et Casar jusqu’à l’arche des 10 derniers kilomètres, où Boogerd est le premier à attaquer. Mais son accélération n’est pas assez tranchante pour distancer ses compagnons. Le résultat des initiatives de Merckx (7km) et Lefèvre (5km) est exactement identique, mais Casar fait preuve de finesse et d’opportunisme. Profitant de la présence d’un séparateur de voies à 3 km de l’arrivée, il accélère dans l’intérieur du virage et distance les trois autres échappés d’une centaine de mètres. Sa sortie n’est pas définitive, mais elle a le mérite de fatiguer ses poursuivants, qui n’arrivent dans sa roue que dans le dernier kilomètre. Alors que les quatre coureurs s’observent, Casar occupe la position qui semble la plus inconfortable, avec quelques mètres d’avance. A 200 m de la ligne, il choisit de lancer le premier l’offensive. Le choix de Casar est concluant, il devance Merckx de plus de 20m. A 8’34’’ de Casar, Tom Boonen remporte le sprint pour la quatrième place. Cadel Evans, avec la 14ème place du jour, grignote 3’’ sur Contador.



Les réactions (letour.fr)

Marc Madiot : « C’est un mec bien »

Le manager de la Française des Jeux se réjouit de la victoire de Sandy Casar, qu’il voit récompensé aujourd’hui de sa persévérance.

« Je suis très heureux car Sandy est un garçon qui n’a pas toujours été chanceux dans sa carrière. C’est un mec bien. Je souhaite à tous les directeurs sportifs d’avoir un coureur qui a ses qualités morales. A Marseille, après sa troisième place de deuxième sur une étape du Tour, je lui ai dit que la quatrième serait la bonne. Ce jour là le destin n’était pas avec nous. Aujourd’hui, oui. Je suis persuadé qu’il regagnera d’autres courses.
Je suis aussi ravi de voir qu’il y avait deux Français devant, et ils ne se sont pas marchés dessus. Par les temps qui courent, c’est important. Dans dix jours, je serai à une course de cadets. C’est à eux qu’il faut donner envie ».

Sandy Casar : « J’ai cru que c’était foutu »

Deuxième à Marseille, avec sept centimètres de retard sur Cédric Vasseur, Sandy Casar a remporté sa première victoire sur le Tour, après avoir subi une chute en début d’étape.

« J’ai vécu le pire au départ, avec cette chute à cause d’un chien. A ce moment là j’ai pensé que c’était fini. Je suis vraiment tombé lourdement, mon vélo était cassé, j’avais mal au bras… Puis j’ai été soutenu par tout le monde, dans les voitures suiveuses et dans le public. J’ai aussi eu un peu de chance car Merckx était en contre attaque, cela m’a aidé de revenir avec lui. Ensuite, lorsque nous avons pris un écart important, j’ai bénéficié du fait que Merckx n’avait plus le droit de rouler, car la position de Kirchen était menacée par Boogerd. Le rythme c’est donc calmé, cela m’a permis de récupérer et de garder des forces pour le final.
A 3 km, j’ai vu une opportunité, mais Boogerd a ensuite ramené tout le monde sur moi. Sur la fin, quand j’ai vu les autres revenir, j’ai cru que c’était foutu. Mais comme j’étais devant, il fallait que j’y reste et je me suis dit « perdu pour perdu autant attaquer ». Il ne fallait pas attendre que les autres le fassent, car je m’étais déjà fait avoir à Marseille.
C’est cette victoire que j’attendais. »


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