Jargon et culture vélo


Jeudi 16 juillet 2009 4 16 /07 /2009 11:18
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Jargon et culture vélo

Qu’on le veuille ou non, ce sont les coureurs qui font la course ! Comme disait Jaja, ce n’est pas rouler longtemps qui fatigue mais c’est rouler vite ! Alors si on suit cette logique, cela veut dire qu’entre Limoges et Issoudun, les coureurs ne se sont pas fatigués ! Si les directeurs sportifs avaient pu les faire rouler à reculons, ils l’auraient fait.

 

Car c’est typiquement le comportement qu’ils ont adopté en réponse à l’obligation pour eux de ne pas utiliser les oreillettes sur cette étape imposée par l’UCI. Cette demande fait suite à une suggestion de la part du Directeur du Service des Sports de FranceTélévisions (Daniel Bilalian) de tester les courses cyclistes sans oreillettes.

Selon lui, cet artifice technologique retire tout son charme à la course : les coureurs manqueraient de panache, ne prendraient aucune initiative individuelle, se plieraient aux consignes de leur équipe (exactement ce que l’on a reproché plusieurs fois en formule 1 à la scuderia ferrari lorsqu’ils faisaient appliquer des consignes à leur second pilote pour privilégier Schumacher). L’impression de fausser la course au profit d’intérêt qui seraient plus haut placés.

 

Alors quand le peloton fait sa mauvaise tête, il le fait vraiment et ça pourrit le spectacle !

Car le vélo n’a de spectaculaire que la souffrance partagée ou provoquée entre coureurs, il n’a de spectaculaire que l’émotion, la grace, la détresse, le doute …

Quand un peloton décide de mettre son véto sur la course, il met le spectacle en sourdine et alors soit le téléspectateur s’endort, soit il bouillonne de colère, furieux contre les directeurs sportifs qui ont décident de brider et bouder la compétition.

 

Pourquoi auraient-ils bloqué cette étape ? Soit en réaction et contestation d’un pouvoir centraliser et considéré par eux comme non consultatif, soit tout simplement parce que sans oreillette, ils étaient flippés de laisser trop de champ aux échappés coalisés. (3 des 4 équipes représentées dans l’échappée n’avaient pas signé la pétition contre l’interdiction des oreillettes) . Et si en fait les directeurs sportifs contestataires avaient voulu faire payer aux « séparatistes » leur affront d’indépendance ? ….

 

Tout ça vous montre que le vélo n’est pas si simple en pratique. Qu’en plus de la plus pure notion de performance (qui n’est pas tout le temps pure et propre n’est-ce pas), il y a la stratégie d’équipe, les coalitions entre équipes, les réseaux d’influence … Une véritable mafia sportive …


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Mercredi 8 juillet 2009 3 08 /07 /2009 13:31
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Jargon et culture vélo
9 coureurs, des combinaisons intégrales, des casques profilés, des vélos tout carbone profilés et plongeants, des guidons de triathlète, des roues carbones, une gourde et une oreillette. Dans l’oreille le directeur sportif dicte l’allure et indique les trajectoire, comme un co-pilote de rallye. Le train roule entre 40 et 75 km/h, pas de place au doute, pas d’hésitation possible. C’est à fond ou pas du tout.



Le principe

Le contre-la-montre est une épreuve chronométrée où les équipes se mesurent au chornomètre. C'est le juge de paix qui permettra de classer les coureurs au général. Cette année (2009), le réglement du Tour de France stipule que les temps sont pris sur le 5ème coureur de l'équipe à passer la ligne. Et les écarts entre les équipes observés au classement de l'étape sont reportés sans barème sur le classement général.

Le mode d'emploi

Dans le schéma idéal, chaque coureur prend sa part de travail en passant des relais efficaces, propre, produisant une accélération progressive afin de conserver le bloc compact. Arrivé en haut de la file, c'est-à-dire devant et dans le vent, le 1er coureur mène pendant un certain temps avant que coureur qui le suit dans la file ne remonte à sa hauteur pour le remplacer. Pendant ce temp-là, celui qui vient d’assurer sa part du travail ralentit d’un ou deux km/h et se laisse doubler par les 8 coureurs de son équipe pour aller se replacer en fond de file indienne.

Les 2 schémas tactique les plus fréquents

Le premier ressemble à une file indienne, ou les coureurs descendent un par un pour aller se replacer en fond de file Le second ressemble plutôt à une sorte d’ellipse allongée où deux petites files indiennes de 4 sont parallèles derrière un coureur qui mène (4 coureurs sont dans le sens montant, 4 sont dans le sens descendant). C’est pratiqué souvent dans des situations où il faut raccourcir la longueur des relais et se protéger davantage du vent.


Comment doser l’effort ?

La plupart des coureurs vous diront, il faut s’adapter au coureur le moins fort de l’équipe. C’est certainement vrai pendant la majorité du parcours afin de pouvoir le conserver dans l’effectif tant qu’il peut passer des relais. Puis lorsque les coureurs lachent et que le bloc s’étiole, restent les hommes forts qui sont capables de maintenir le rythme.

Sur le contre-la-montre de Montpellier, plusieurs fois nous avons pu voir des coureurs rester en dernière position : ils venaient de se mettre dans le rouge, avaient complètement explosé en vol, incapables désormais de passer le moindre relais. C’est le risque de l’effort collectif. Quand un coureur devant accélère trop fort et met dans le rouge ses coéquipiers. Il en arrive parfois à devoir se séparer d’un de ses soldats, à son insu.

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Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /2009 13:46
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Jargon et culture vélo
Passionveloblog, c'est avant tout un blog pour décrypter le vélo et ses secrets afin que vous comprenniez le maximum de choses et que vous devenniez des passionnés à votre tour. En voyant à l'instant une image à la télé lors de la première étape, je me suis dit qu'il fallait que je vous explique ce qu'il s'était passé :

Stef Clement (Rabobank) bloque sa chaine dans un faux plat montant, ses 3 compagnons d'échappée voient que le coureur hollandais rencontre un problème mécanique et ils sont deux successivement à esquisser un geste pour l'aider. le premier tente une poussette dans le dos, le deuxième Stéphane Augé empoigne le maillot de Clement pour l'emmener sur quelques mètres afin qu'il puisse remettre sa chaine. (En réalité, il va s'arrêter quelques mètres plus tard et poser le pied par terre pour remettre la chaine lui même).

Pourquoi ce geste ?

Evidemment il y a de la sympathie entre les coureurs, qui ont pu être coéquipiers les saisons précédentes. Mais il ne faut pas se voiler la face non plus, c'est aussi et surtout parce les 3 autres coureurs ont besoin d'un 4ème larron pour se répartir les efforts durant l'échappée. Rouler à 4, c'est moins usant que de rouler à 3. Les relais reviennent moins souvent.

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Jeudi 27 mars 2008 4 27 /03 /2008 11:33
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Jargon et culture vélo

Nouvelle indiscrétion pour étancher votre soif d'infos : Le magazine l'Expansion s'est intéressé à www.passionveloblog.com pour préparer un dossier pour remettre les managers au sport. Vous trouverez cet article dans le numéro de mai. Danièle, journaliste, c'est intéressée à mon article sur  l'Hippodrome de Longchamp  , lequel est très typique de notre jargon et de notre culture vélo.

Alors pour l'aider dans sa découverte et dans sa compréhension et pour qu'elle parle de notre passion avec des exemples imagés et un langages fleuri, j'ai répondu à des questions qui pourront intéresser ceux qui débutent.

Que veut dire : il m'a parlé de ce finish ??
traduction :

ce qu’on appelle le finish d’une course, ce sont les deux derniers km de la course. En général le peloton est nerveux, les équipiers essaient de remonter les leaders dans les premières positions pour les protéger (c'est-à-dire leur éviter tout risque de chute et les mettre dans les meilleures dispositions pour l’arrivée). C’est leaders sont soit des coureurs qui visent une place au classement général de la course ou des sprinters qui visent la victoire d’étape.

Jean françois Guiborel (alias « La Guibole ») me parlait donc de ces 2 derniers kms d’une course à laquelle il a participé. Il m’avouait qu’il avait mal négocié cette arrivée malgré ses « bonnes jambes ». Un manque de motivation semble-t-il qui fait qu’il ne s’est pas engagé dans le sprint et est resté sagement dans les roues du peloton.

 

(Dans ce paragraphe, j’ai noté une autre expression que vous pourriez ne pas comprendre : se taper dedans, taper dans les jambes. Cela signifie produire un effort intense, se mettre dans le rouge. Si cet effort est maintenu, on va même jusqu’à dire « taper dans les réserves »)


Que veut dire : "j'ai un 51 dents"
traduction :

C’est le nombre de crans sur le plateau qui soutient la chaine du vélo. Le bloc à l’avant chez les coureurs pros est en général un 53 / 39. C'est-à-dire au choix deux plateaux, le « grand plateau » (qu’on appelle aussi la plaque dans le jargon)  pour enrouler ou emmener du braquet sur le plat. Un tour de pédale en 53 x 11 (53 devant, 11 derrière ) ça permet de développer plus 10 mètre au sol. Et le « petit plateau » que les coureurs utilisent dans les bosses (cotes), ou pour s’échauffer quand ils débutent l’entrainement, ou pour travailler la fréquence de pédalage et la vélocité.

Moi par exemple quand j’arrive à Longchamp, je garde le petit plateau pendant au moins 15 – 20 minutes.

 

Le choix des plateaux (devant) et pignons (derrière) est aussi important que le choix des objectifs en photo. C’est ça qui donne les moyens de transmettre la puissance.

Moi par exemple j’ai un 51 et 39 devant sur mon Bianchi et 52 et 39 sur mon Look. La différence est minime en chiffre mais en réalité, une dent de différence c’est énorme !

Et derrière nous avons maintenant 10 pignons (ce sont des plateaux plus petit J ) de 11 dents à 23 dents (voire 25 dans certains cas).

 

Vous l’avez donc compris : mon développement le plus dur, c’est donc  52 x 11 et le plus facile 39 x 23.

 

Olivier Rivoalen m’avait conseillé de mettre un 51 dents sur mon premier vélo histoire de me faire les jambes. Quand on débute on manque de puissance, et mieux vaut donc pédaler un peu plus vite (on passe par exemple de 75 à 80 tours de pédales par minute) et moins galérer pour appuyer sur les pédales. Avec un peu d’entrainement, on assume très bien le 52 ensuite. Quand je suis passé au 52 dents équipant mon Look, c’est plutot la taille de mes nouvelles manivelles qui m’a surpris. (c’est ce qui relie la pédale au plateau) 1 ou 2 cm de plus c’est énorme comme différence mais pour la même force déployée on obtient un meilleur rendement.

 


Que veut dire : "le peloton a ralenti aux alentours de 37-38"

traduction :

Si je vais à Longchamp, ce n’est pas pour faire le fanfaron. Mais ça n’engage que moi J

Cette boucle de 3,6 km est très intéressante pour s’entrainer à la fois parce que c’est roulant (seulement 850 mètre de faux plat montant) et parce qu’on peut rouler en condition de course (rouler en peloton et reproduire des séquences de course : échappées, prise de relais, rythme … )

Du coup, je roulais souvent dans le peloton le plus rapide (parfois les mardi, jeudi après midi et samedi matin il y a plusieurs paquets conséquents et de niveaux différents) composé de coureurs amateurs élite et nationaux. En pleine saison (mars / octobre) la vitesse moyenne dans ce peloton là est de 40 km/h. Je peux vous dire que c’est bien ardu de tenir le rythme. Enfin tout dépend de la condition physique, en 2005, j’étais en permanence dans les 5 premiers du groupe et je prenais un relais tous les 2-3 tours. En ce moment, je me cacherais dans les roues, au fond du peloton à essayer de tenir le rythme.

Quand nous sommes bien, à l’aise, en forme, pas trop dans le rouge : rouler à 33-35 c’est « finger in the nose » … limite la bouche fermée, juste à respirer par le nez (non non pas dopé !!!). Du coup, quand on est à 42-44 km/h, ralentir à 37 km/h, ça permet de se relever, de remettre les mains en haut du guidon et donc de discuter en reprenant son souffle. C’est à cette occasion que j’ai pu discuter avec Jeff mon ami et ancien « pistard » (coureur sur piste)

 

L’expression « se relever » : nous avons trois positions pour les mains sur le guidon selon l’intensité de notre coup de pédale.

-       Les mains en « haut du guidon » : le buste est relevé les mains sont posée sur le cintre (la barre transversale du guidon). Cela dégage la cage thoracique pour ventiler et détendre les reins.

-       Les mains sur les cocottes de freins : la position la plus fréquente permettant d’aplatir le dos sans être dans l’inconfort. On a les doigts prêt à freiner et à changer les vitesses (les vitesses se passent aux freins maintenant, par une action latérale sur les manivelles de freins)

-       Les mains en bas du guidon : sur la partie arquée du guidon qui permet de poser les mains avec un très bonne prise en main. On pilote le vélo, on s’accroche « sévère » soit parce qu’on pédale intensément, soit parce qu’on roule vite (descente de col)

 


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Samedi 4 août 2007 6 04 /08 /2007 14:53
- Par Julien HOLTZ - Publié dans : Jargon et culture vélo

Tout savoir sur la formation d'une bordure dans le pelotonCette année lors de l'étape Marseille - Montpellier, les Astana ont déclenché une "bordure" et enterré Christophe Moreau pour la victoire finale. En 2004, c'étaient les CSC qui avaient tenté le coup en arrivant sur les bord de mer vers St Brieuc. Comment se forme une bordure et quelles sont les conséquences ?

Le vélo est un sport de voile avec des instruments à vent ... dingue mais pourtant c'est vrai. La direction et la force du vent joue énormément sur notre performance, sur notre moral aussi. Le vent peut jouer des tours et s'imiscer dans la tactique de course. Exemple parfait la bordure.

Le vent vient de trois quarts face voire de coté. Seuls quelques coureurs peuvent alors se protéger dans les roues en têtes de peloton. Ce sont ceux qui composent l'éventail qui va d'un bord à l'autre de la route.

Ceux qui sont derrière la dernière personne protégée sont dans le vent et en file indienne : en effet tous les coureurs cherchent à se mettre dans la position préférentielle.

Décision difficile à prendre : ouvrir un nouvel éventail. Cela veut dire qu'une partie des coureurs en fond de peloton qui ne peut plus suivre en file indienne se retrouve dans une cassure, se relève puis s'organise pour former un nouveau peloton avec un autre éventail à sa tête.

A l'entrainement comme nous roulons tous de façon homogène, les deux éventails peuvent être éloignés de 5 mètres mais  en course, ce sont souvent les meilleurs qui se retrouvent devant la cassure. Dans ce cas, le 1er groupe roule beaucoup plus vite que les autres paquets qui se sont formés derrière la cassure.

Ce fut le cas pour Moreau qui s'est retrouvé dans le deuxième groupe. En 70 km il a d'abord tenu à 1 minute 20 puis l'écart s'est creusé jusqu'à 3 minutes vingt !


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